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Mort d’Alxeï Navalny : cinq pays pointent un empoisonnement orchestré par la Russie

par RTL info avec Belga
Une enquête conjointe menée par cinq pays européens, dont le Royaume‑Uni, conclut qu’Alexeï Navalny, décédé en février 2024 dans une prison russe, a été empoisonné avec une toxine rare. À l’approche du deuxième anniversaire de sa mort, Londres accuse directement l’État russe d’avoir utilisé cette substance mortelle pour réduire au silence l’un des plus virulents opposants au président Vladimir Poutine.

L’opposant russe Alexeï Navalny, mort en février 2024 dans des circonstances troubles dans une prison russe, a été « empoisonné » avec une « toxine rare » par Moscou, selon une enquête menée par cinq pays dont le Royaume-Uni et dévoilée samedi par Londres.

Ces cinq pays, à savoir le Royaume-Uni, la Suède, la France, les Pays-Bas et l’Allemagne, se disent « convaincus », dans une déclaration conjointe publiée à l’approche du deuxième anniversaire de la mort du fervent critique du président russe Vladimir Poutine, « qu’Alexeï Navalny a été empoisonné avec une toxine mortelle ».

Les conclusions se basent sur des analyses d’échantillons prélevés sur le corps de l’opposant russe. « Ces analyses ont confirmé la présence d’épibatidine », selon les conclusions de l’enquête. L’épibatidine est une toxine que l’on retrouve dans l’organisme d’une espèce de grenouille originaire d’Amérique du Sud. Londres annonce en outre qu’il va signaler l’empoisonnement à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), « en tant que violation flagrante par la Russie » de sa convention et appelle Moscou « à cesser immédiatement cette activité dangereuse ».

Seul le gouvernement russe avait les moyens, le mobile et l’occasion d’utiliser cette toxine mortelle contre Alexeï Navalny

Ces nouvelles conclusions viennent confirmer la thèse défendue par la veuve de l’opposant, Ioulia Navalnaïa, qui avait affirmé en septembre dernier que son mari avait été « empoisonné ». « Seul le gouvernement russe avait les moyens, le mobile et l’occasion d’utiliser cette toxine mortelle contre Alexeï Navalny durant son emprisonnement en Russie », a déclaré la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper, citée dans le communiqué. « Aujourd’hui, aux côtés de sa veuve, le Royaume-Uni met en lumière le projet barbare du Kremlin visant à faire taire sa voix », a-t-elle ajouté.

Charismatique militant anticorruption et farouche opposant à l’invasion russe de l’Ukraine lancée en 2022, Alexeï Navalny est décédé à 47 ans dans des circonstances floues dans une colonie pénitentiaire en Arctique, alors qu’il purgeait une peine de 19 ans d’emprisonnement pour des accusations qu’il dénonçait comme politiques.

Après sa mort, les autorités avaient refusé pendant plusieurs jours de remettre son corps à ses proches, ce qui a éveillé les soupçons de ses partisans qui accusent le pouvoir de l’avoir « tué » et de chercher à maquiller son meurtre. Des accusations démenties par le Kremlin.

Sa veuve réagit

L’« assassinat » de l’opposant politique russe Alexeï Navalny, mort en prison en février 2024, est désormais « prouvé par la science », a déclaré samedi sa veuve Ioulia Navalnaïa en réaction à une enquête menée par cinq pays, selon laquelle l’opposant a été « empoisonné » avec une « toxine rare ».

« Il y a deux ans (…) je suis venue sur scène et j’ai dit ‘Vladimir Poutine a tué mon mari’ (…) Et aujourd’hui ces mots sont devenus un fait prouvé par la science », a-t-elle déclaré en marge de la Conférence annuelle sur la sécurité de Munich.

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