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C’était il y a 150 ans: le 4 Février 1864, nous célébrions la naissance de la Croix-Rouge de Belgique. De toutes les sections nationales, celle de la Belgique est la plus ancienne au monde. Elle avait été créée à l’époque pour soigner les blessés sur les champs de bataille. Mais aujourd’hui, l’action des 10.000 bénévoles francophones de Belgique est devenue d'abord et surtout sociale.
Le café, des machines pour le linge, une consigne pour abriter les papiers importants, une réserve de vêtements ou chaussures pour les urgences. Voici une Croix-Rouge que les gens ne connaissent pas forcément. " Je ne pensais pas faire autant à la Croix-Rouge ni que nous pouvions aider les sdf, les précarisés ou les personnes isolées c'est-à-dire des personnes en manque de chaleur qui n’ont pas la chance d’avoir une famille", raconte Gérald Riboux, président de la maison de la Croix-Rouge de Jambes.
150 ans en arrière
Quand on pense Croix-Rouge, on pense don de sang et ambulance. Pourtant après 150 ans, en Belgique, son action a quitté les champs de bataille pour un combat plus quotidien. "La Croix- Rouge en Belgique a commencé sur les champs de bataille. C’était l’époque du conflit franco-prussien. Les bénévoles partaient pour venir en aide aux blessés. Puis, il y a eu les deux guerres, et petit à petit s’est développée une action sociale", explique Nancy Ferroni, porte-parole de la Croix Rouge.
La chasse aux petits prix
Une action sociale est basée sur le volontariat, c’est-à-dire sur la bonne volonté de chacun. Dans l’épicerie sociale de Marie-Christine Rouge, la première tâche de la semaine est la chasse aux bonnes affaires. On court après les meilleurs prix pour pouvoir ensuite les mettre en vente en réduisant fortement l’addition. "On explique aux personnes qui viennent faire leurs courses dans ce magasin que sur les étiquettes de prix, ils peuvent voir le prix plein et à côté celui qu’ils vont devoir payer. Pour un paquet de gâteau au chocolat par exemple, la maison Croix-Rouge achète le produit à 0,57 cent et grâce à la réduction, ils ne payeront plus que 0,29 cent", développe-t-elle.
Une aide précieuse pour Georgette qui a perdu son mari : "Je suis toute seule maintenant et ça fait du bien de bénéficier de ces petits prix. Moi ça m’arrange".
Aujourd'hui, ils sont près de 10.000 bénévoles francophones et des milliers de donateurs à participer à l'action. Chaque euro de la collecte de dons de la Croix-Rouge alourdissent les paniers mais allègent l’addition. A 150 ans, la Croix-Rouge ne passe plus après la bataille. Aujourd’hui, elle remporte des victoires.
Interview
Luc Gilson (présentateur) : "L’action de la Croix-Rouge a bien changé en 150 ans. Aujourd’hui, la priorité c’est l’aide aux plus démunis. Cela veut-il dire que les champs de bataille qui vous inquiète aujourd’hui, ce sont ceux de la précarité et de la pauvreté présente en Belgique ?"
Fabienne Damsin (Directrice de la communication de la Croix-Rouge de Belgique) : "Tout à fait. Depuis 2008, cela s’est véritablement ressenti . Aujourd’hui, nous avons 20% de demandes chaque année. Chez nous, on dépense près de 6 millions d’euros chaque année pour aider les personnes plus vulnérables et ce, grâce en partie aux donateurs."
Luc Gilson : « Justement, de quoi vit la Croix-Rouge ? »
Fabienne Damsin : « Il s’agit principalement de dons, des entreprises, du grand public et c’est à grâce à cela, que nous pouvons mettre nos actions sociales en place sur le terrain. »
Luc Gilson : "Il y a énormément de bénévoles. Ils sont près de 10.000 francophones. Trouve-t-on encore des gens qui veulent s’investir à l’heure actuelle ?"
Fabienne Damsin : "Nous avons tout le temps de nouvelles propositions. Chaque année, ce sont près de 1000 demandes qui nous sont adressées et on en a toujours besoin parce que nos actions se développent de plus en plus. Nous formons nos bénévoles et chacun est le bienvenu."
