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« L’Europe n’est pas en mesure de défendre efficacement sa propre souveraineté », estime le Premier ministre Bart De Wever. « Ce constat a réveillé toute l’Europe, qui s’emploie désormais à bâtir une industrie de défense pleinement opérationnelle et efficace. Mais l’honnêteté nous oblige à ajouter que cela prendra encore des années », a-t-il déclaré mercredi dans son discours prononcé devant le roi Philippe à l’occasion des vœux aux autorités du pays. « D’ici là, nous demeurons vulnérables. Et c’est précisément cette vulnérabilité que tente aujourd’hui d’exploiter notre plus grand allié. »
Comme la semaine dernière après le Forum économique mondial de Davos, le Premier ministre a appelé à se montrer ferme face aux Etats-Unis de Donald Trump, malgré nos vulnérabilités. « L’idée présomptueuse selon laquelle le droit à l’autodétermination du peuple groenlandais, inscrit dans la loi danoise sur l’autonomie du Groenland, devrait être écarté par un coup de force, est totalement contraire à ce que nous sommes. C’est pourquoi il est important d’être clair. Je crois qu’entre amis, il faut être direct. »
Bart De Wever a qualifié l’attitude des États-Unis de « manque de respect ». « Nous ne pourrons jamais tolérer que l’intégrité et le droit à l’autodétermination d’un allié européen soient mis sous pression. Même si cette pression émane d’un autre allié. »
Selon le chef du gouvernement fédéral, « nous sommes douloureusement rappelés à l’ordre : la liberté ne va pas de soi. Cette liberté doit être défendue. ’Aut viam inveniam aut faciam’, aurait dit Hannibal au pied des Alpes. Je trouverai un chemin, ou j’en créerai un. »
«Il faut garder son sang froid»
Affirmer que le transatlantisme et l’Otan sont morts et que l’Europe va agir de façon entièrement autonome dans le monde n’est «pas très intelligent», selon Bart De Wever, qui a appelé mercredi à «garder son sang froid» au lendemain d’une séquence de fortes pressions américaines sur l’UE.
Le président américain Donald Trump a menacé la semaine dernière de recourir à la force pour mettre la main sur le Groenland, territoire autonome du Danemark, et d’imposer de nouveaux droits de douane à plusieurs Etats membres de l’UE qui ont envoyé des militaires sur place.
«Certains ont déclaré très vite que le transatlantisme est mort, que l’Otan est mort et certains ont même ajouté que c’est une bonne chose. Je comprends l’émotion derrière ces mots, après tout ce qui s’est passé (...)», a déclaré le Premier ministre devant les députés réunis en comité d’avis sur les questions européennes à la Chambre. «Cela ne nous a pas rendus heureux», a-t-il euphémisé.
Mais pour Bart De Wever, il n’est «pas très intelligent» d’affirmer que l’Alliance transatlantique est morte et que c’est une bonne chose. «C’est peut-être ce que certains aux Etats-Unis veulent entendre: que l’Europe elle-même souhaite une rupture de l’atlantisme», a-t-il estimé.
«Celui qui vous provoque a un agenda (...) Il faut toujours garder son sang froid et ne pas se lancer dans des aventures», a-t-il insisté.

















