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Sapin: le billet de 500 euros est "plus utilisé pour dissimuler"

Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a fustigé vendredi le billet de 500 euros, "plus utilisé pour dissimuler que pour acheter", tout en laissant le soin à la BCE de décider de son sort.

"Je le dis du point de vue français parce que je le vois en France, le billet de 500 euros est plus utilisé pour dissimuler que pour acheter", a déclaré M. Sapin, interrogé à son arrivée à une réunion des 28 ministres des Finances de l'UE.

La plus grosse coupure de la monnaie unique est "plus utilisée pour faciliter des transactions qui ne sont pas honnêtes que pour permettre à vous et moi d'acheter de quoi se nourrir", a-t-il poursuivi.

Il a toutefois souligné que la décision appartenait à la BCE: "C'est une question qui appartient à la Banque centrale européenne car c'est elle qui décide des émissions, des types de coupure", a-t-il dit.

Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, avait déclaré jeudi dans un entretien au Parisien que son institution allait "prochainement" prendre une décision sur une éventuelle suppression de la coupure.

Les billets violets, qui représentent seulement 3% du nombre de billets en euros en circulation mais 28% de leur valeur cumulée, selon les statistiques de la BCE, permettent de transporter discrètement d'énormes montants. Leur rôle dans la circulation d'argent sale, la corruption et le financement d'activités illégales est de plus en plus montré du doigt alors que l'UE a décidé de renforcer son action de lutte contre le financement du terrorisme, sous pression notamment de la France.

La Commission européenne avait indiqué début février vouloir "travailler avec la BCE et toutes les parties concernées pour voir si une action spécifique à ce sujet (était) nécessaire".

Questionnés sur l'avenir de ce billet vendredi à leur arrivée à la réunion de Bruxelles, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, et le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, ont également renvoyé la décision à la BCE.

La décision finale appartiendra au conseil des gouverneurs de la BCE, qui réunit les six membres du directoire et les 19 gouverneurs des banques centrales nationales.

Au moment de la naissance de l'euro - les espèces sont apparues le 1er janvier 2002 - c'est sous la pression entre autres de l'Allemagne, très attachée à l'argent liquide et qui avait auparavant un billet de 1.000 Deutschmarks, de valeur à peu près équivalente, qu'avait été créé le billet de 500 euros.

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