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Nouvel album pour le bagad de Lann-Bihoué

Musique traditionnelle bretonne, et un zeste de show-biz, les pompons rouges du bagad de Lann-Bihoué fêtent 60 ans d'un parcours unique en son genre, avec un nouvel album qui sort du rang pour conquérir de nouveaux publics.

Dans "Degemer mat, Bienvenue" (sortie le 12 mars), les 30 marins mêlent le son de leurs caisses claires, bombardes et binious, aux voix de Laurent Voulzy (avec une reprise de "Belle-Ile en mer"), d'Alain Souchon (avec son "Bagad de Lann Bihoué", bien sûr), ou se lancent sur une mélodie de Coldplay, le groupe idole de rock anglais... Un bagad, c'est "avant tout un magnifique orchestre, et il n'y a pas de limites à son utilisation quand c'est fait intelligemment", explique Jacques Bernard, le producteur de l'album. "On s'est mis dans la peau de ceux qui n'ont jamais écouté" la musique des bagads, qui peut paraître un peu aride au néophyte, "et on s'est demandé comment on pouvait les séduire", explique Jacques Bernard, qui fut au début des années 90 le producteur de "l'Héritage des Celtes", l'un des grands succès nationaux de la musique bretonne. Le bagad, qui passe un tiers de l'année à tourner sur les routes pour des concerts, spectacles et défilés sera à l'Olympia le 18 mars avec d'autres groupes pour fêter la Saint-Patrick. Il retournera, en solo cette fois, dans la salle parisienne au mois de novembre. Mais au delà des paillettes, les jeunes matelots du bagad (dont trois jeunes femmes en ce moment) sont d'excellents musiciens traditionnels, recrutés par la Marine après audition. La plupart sont issus des meilleurs bagadou bretons. "Il n'y a rien de mieux pour progresser à la bombarde que Lann-Bihoué", explique Yann Péron, 23 ans, élu "penn sonneur" (chef musical) de la formation pour 2012. Les musiciens signent un contrat court d'un an avec la Marine nationale, renouvelable deux fois. Pendant tout le temps de leur engagement, ils ne font que de la musique, une chance exceptionnelle pour ces jeunes passionnés, dans un monde qui leur laisse très peu de chances de vivre de leur art. "Si je peux continuer dans la musique après le bagad, je le ferai. Mais il y a tellement peu de places...", explique Yann Péron. Car rares sont les musiciens traditionnels qui gagnent leur vie avec leur instrument: probablement une centaine en Bretagne, dont une trentaine de professeurs, selon des sources concordantes. Pour la Marine nationale, le bagad n'est pas vraiment un sas de recrutement, puisque seuls 10% environ des musiciens continueront une carrière militaire. C'est plutôt une vitrine, un excellent vecteur de communication, dont les déplacements sont placés sous le contrôle ultime du chef d'état-major de la Marine. "Nous contribuons à entretenir le lien armée-nation", souligne le major Philippe Renard, le "penn bagad", le chef de la formation, en allusion aux multiple festivités auxquelles le bagad, en uniforme, participe dans toute la France. La Marine paie les salaires des 30 musiciens, mais laisse le bagad autofinancer ses déplacements et ses instruments. Le budget, environ 250.000 euros par an, est géré par une association ad hoc, affiliée à la Fédération des clubs sportifs et artistiques de la Défense. Les ventes de produits dérivés à la sortie des concerts, le mécénat, et les  produits dérivés permettent de récolter des fonds. En ce moment, les santons à l'effigie des matelots font fureur, selon le major Renard.

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