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L'effort budgétaire à réaliser par le gouvernement s'élève à près de 900 millions d'euros

Le gouvernement fédéral s'est accordé samedi en comité restreint sur le contrôle du budget 2017. Au total, l'effort s'élève à 872 millions d'euros, incluant le maintien d'une marge de sécurité de 559 millions.

Le comité de monitoring avait établi l'effort à réaliser pour maintenir le budget sur les rails à 313 millions d'euros. La question se posait toutefois de savoir si le gouvernement allait utiliser le matelas de sécurité de 739 millions d'euros constitué dans le budget initial et dans quelle mesure. Les principaux ministres du gouvernement Michel se sont accordés sur le maintien d'environ trois quarts de cette marge, correspondant au restant de l'année 2017.

Le gouvernement a confirmé la trajectoire dans laquelle il s'était engagé auprès de l'Union européenne, à savoir un objectif de solde structurel de 0,8% du PIB.


Pas de taxe nouvelle


Le gouvernement a indiqué ne pas avoir pris ni recettes ni dépenses nouvelles. Le contexte de croissance et la création d'emplois ont permis de conclure l'exercice avec moins de difficultés que les précédents. La nette diminution du taux de référence pour les intérêts notionnels a permis de réduire l'effort présenté par le comité de monitoring de 325 millions d'euros. En revanche, il n'a pas été question à ce stade d'avancer sur la réforme de l'impôt des sociétés qui interviendra en temps utile. Le gouvernement a également revu les montants prévus au titre de la flexibilité et de la provision des dépenses en matière de lutte contre le terrorisme. Ces dépenses sont provisionnées et engagées au fur et à mesure, comme les dépenses exceptionnelles d'asile, sous réserve de l'acceptation européenne.

Le rendement de l'impôt des sociétés meilleur que prévu


Il est apparu que le rendement de l'impôt des sociétés était meilleur que prévu et que les intérêts notionnels coûtaient moins au budget qu'escompté en raison de la faiblesse des taux d'intérêts. 


Quelques budgets débloqués dans plusieurs secteurs

Par ailleurs, des dépenses supplémentaires ont été consenties pour financer les CPAS qui font face à l'afflux des réfugiés. Parmi les rares initiatives nouvelles qu'autorise l'exercice, figurent des dépenses en police (15 millions d'euros) qui selon le ministre de l'Intérieur Jan Jambon permettront d'éviter les économies linéaires prévues cette année et devraient apaiser les syndicats de police qui avait déposé un préavis de grève. Quinze millions d'euros sont également prévus en Justice, pour les négociations à venir dans le secteur non marchand et pour financer le fonds de transition énergétique.


Charles Michel: "Nous pouvons de plus en plus bénéficier des résultats des réformes structurelles"

"Nous pouvons de plus en plus bénéficier des résultats des réformes structurelles, aussi sur le plan budgétaire", s'est félicité dimanche le Premier ministre Charles Michel dont le gouvernement a déjà les yeux rivés sur le budget 2018 censé être à l'équilibre. "Il s'agit d'un objectif ambitieux et difficile, mais avec ce contrôle budgétaire, cela reste possible", selon le Premier ministre.

Pour y arriver, le gouvernement prépare déjà les prochaines réformes qui doivent soutenir la création d'emplois et par là concourir à l'assainissement des pouvoirs publics. Le prochain contrôle aura lieu avec l'exercice budgétaire 2018 en juin ou juillet. "On démarre déjà les travaux pour de nouvelles mesures structurelles en vue du budget 2018 et du maintien à l'équilibre", a indiqué le vice-Premier ministre N-VA Jan Jambon. Ce dernier a souligné que le contrôle budgétaire ficelé samedi soir l'avait été sur une base prudente d'1,4% de croissance alors que plusieurs instances internationales tablent sur 1,6%. "Il s'agit là d'une marge de sécurité implicite", a-t-il indiqué, admettant par ailleurs que "le tax shift doit encore être partiellement financé".


Le PS dénonce la "fiction budgétaire" du gouvernement

"Soit le gouvernement de Charles Michel fait de la magie, soit il manipule les chiffres", a dénoncé le président du PS Elio Di Rupo commentant les résultats du contrôle budgétaire présentés dimanche à la presse. Ce dernier a retracé la ligne du temps depuis la confection du budget 2017 en octobre, un exercice présenté comme "risqué" un mois plus tard par la Commission européenne, et à l'égard duquel le comité de monitoring pointait un dérapage d'un milliard d'euros il y a neuf jours. "Soit tout a changé et les prévisions sont énormément plus favorables en neuf jours, au point que ce trou d'un milliard d'euros a disparu, comme par magie, soit le gouvernement a trouvé des petits arrangements avec les chiffres, ce ne serait pas la première fois", a fustigé Elio Di Rupo, rappelant les rappels à l'ordre de certaines institutions dont la Cour des comptes. Observant que les investisseurs du Bel 20 engrangeaient des "dividendes records" augmentant de 22%, le président du PS a par ailleurs estimé que "si le gouvernement de Charles Michel avait eu un peu de courage, ce budget aurait pu être sérieux et juste, en mettant à contribution les revenus du capital".


Ecolo: "Pas de mesures pour une fiscalité plus juste"

Pour Ecolo, le gouvernement fédéral tente de faire oublier les mesures d'économie réalisées depuis le début de la législature sur le dos des plus faibles et de masquer la faiblesse de ses résultats en matière socio-économique. "Depuis des mois, les écologistes appellent de leurs vœux un vaste Plan d'Investissement, misant résolument sur la création des emplois du futur et visant à rencontrer les enjeux énergétiques et climatiques. Ils espéraient en voir au moins l'ébauche dans le cadre de l'ajustement budgétaire, mais doivent constater qu'on n'en trouve pas trace, pas plus que de mesures pour une fiscalité plus juste", a commenté dimanche Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo.


cdH: "Grande inquiétude et circonspection"

Le président du cdH, Benoît Lutgen, a accueilli dimanche "avec grande inquiétude et circonspection" l'exercice budgétaire conclu par le gouvernement fédéral. "S'il annonce des moyens supplémentaires pour la justice et la police, qui ne vont malheureusement pas combler les soustractions des exercices précédents, le gouvernement ne prévoit rien pour remettre sur pied le budget des soins de santé, alors qu'il n'a cessé de plumer les malades et ceux qui les soignent à coups d'économies budgétaires", a commenté dimanche M. Lutgen.



































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