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Tuerie Toulouse: pouvait-on éviter la mort de Merah ?

Le polémique enfle en France au lendemain de la mort de Merah. Le RAID (Recherche, Assisstance, Intervention, Disuasion), brigade spécialisée dans les interventions de ce genre s'est vu obliger d'abattre un suspect seul, sans otage.

Mohamed Merah aurait-il pu être capturé vivant?  La question se pose en France où certains ne comprennent pas que l'on n’ait pas eu recours à d'autres moyens pour capturer le tueur qui était seul et sans otage. Au lendemain de l'intervention du RAID (Recherche, Assisstance, Intervention, Disuasion) qui s'est soldée par le mort de Mohamed Merah, Christian Prouteau, fondateur du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), a critiqué vendredi l'opération du RAID à Toulouse. Dans un entretien publié vendredi dans un quotidien français, "Ouest France", il s'interroge notamment sur l'absence d'utilisation du gaz lacrymogène lors de l'assaut lancé contre Mohamed Merah. "Comment se fait-il que la meilleure unité de la police ne réussisse pas à arrêter un homme tout seul ?", lance-t-il. "Il fallait le bourrer de gaz lacrymogène. Il n'aurait pas tenu cinq minutes", estime l'ancien militaire. "Au lieu de ça, ils ont balancé des grenades à tour de bras. Résultat : ça a mis le forcené dans un état psychologique qui l'a incité à continuer sa 'guerre'."

Une souricière ?

Il a également critiqué la volonté de coincer Mohamed Merah chez lui. "On aurait pu lui tendre une souricière", explique-t-il. "Attendre qu'il sorte et le coincer". "Cela peut paraître présomptueux", ajoute-t-il, "mais, en soixante-quatre opérations menées par le GIGN sous mon commandement, il n'y a pas eu un mort."

Polémique

Jean-Dominique Merchet, journaliste à Marianne, qui s'occupe des questions militaires depuis une vingtaine d'années revient aussi sur les questions que pose l'opération : "Quelque chose s'est mal passé. D'un point de vue purement technique, cette opération s'apparente à un échec", avant de conclure "l'heure est déjà aux critiques dans le tout petit monde du contre-terrorisme".

"Aucun élément permettant d'appréhender Merah"

Le Premier ministre français, François Fillon, a affirmé vendredi matin sur une radio française qu'il n'existait "aucun élément permettant d'appréhender Mohamed Merah", tueur présumé de sept personnes dans le sud-ouest, avant ses passages à l'acte, car la France est "un Etat de droit". "Il n'y avait aucun élément permettant d'appréhender Mohamed Merah" avant son passage à l'acte, a déclaré à la radio RTL M. Fillon. "On n'a pas le droit dans un pays comme le nôtre de surveiller en permanence sans décision de justice quelqu'un qui n'a pas commis de délit (...) Nous vivons dans un Etat de droit".   

Mohamed Merah, Français d'origine algérienne de 23 ans qui a revendiqué les sept meurtres commis à Montauban et à Toulouse, a été tué jeudi lors d'un assaut donné par la police au logement où il était assiégé depuis plus de 30 heures. 

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