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Monaco fête ses 25 "Printemps des arts" en musique

Le Printemps des arts de Monte-Carlo, festival de musique classique qui fait la part belle à la création, fête dès mardi et jusqu'au 18 avril sa 25e édition, la septième sous la houlette du compositeur Marc Monnet, adepte d'une programmation allant "du XIe au XXIe siècle".

Le rendez-vous monégasque a sensiblement évolué depuis 1984, pratiquant d'abord des invitations de prestige (le violoniste Yehudi Menuhin, le ténor Luciano Pavarotti...) et la découverte d'opéras baroques (Gluck, Vivaldi, etc.) puis contemporains (Marius Constant, Charles Chaynes).

"Il y avait besoin d'un vent nouveau. On m'a demandé de faire de ce festival, à partir de 2003, quelque chose de différent", explique à l'AFP Marc Monnet.

"Sur la côte d'Azur, il n'y a pas de festival à cette époque de l'année, ce qui est assez absurde car nous sommes dans la troisième région de France en terme de population", estime le compositeur français.

"Je trouvais nécessaire qu'un large public puisse y venir. J'ai cherché à créer du lien en travaillant avec l'Education nationale, les conservatoires. Nous avons mené un travail de fourmi qui commence à donner de bons résultats", ajoute-t-il.

Le festival fêtera ses "25 printemps" avec deux événements insolites comme Marc Monnet les aime. Le 17 avril, l'hypnotique "Stimmung" de Stockhausen sera interprétée dans un parking donnant sur la mer par les Neue Vocalsolisten de Stuttgart.

Le lendemain, le même ensemble créera, en compagnie des Percussions de Strasbourg, une pièce de vastes dimensions composée par l'Italien Franco Filidei. C'est l'une des trois commandes (avec des oeuvres d'Arno Fabre, et pour les Ballets de Monte-Carlo, de Marc Monnet) passées cette année par le festival, qui a créé 32 oeuvres en cinq ans.

"Le Printemps des arts n'est pas à proprement parler un festival de création. Je suis favorable à une politique musicale ouverte, du XIe au XXIe siècle. Il faut absolument intégrer dans les plus grandes institutions, de façon naturelle, la musique d'aujourd'hui", souligne Marc Monnet.

Sur le Rocher, "bien sûr, au début, le tournant que j'ai négocié a été un peu houleux. Mais après deux ans, le public a très bien compris -- la preuve: notre fréquentation a augmenté de 110% en six ans -- que la curiosité était nécessaire à l'écoute de la musique", estime le directeur artistique.

Ainsi, le Printemps des arts peut consacrer un portrait à Schubert, une "nuit" au violoncelle et un hommage au Hongrois György Kurtag, après avoir célébré Dutilleux, Boulez ou Kagel lors des précédentes éditions. "Ils ont fait la musique du XXe siècle mais n'étaient pas venus sur la côte!", s'étonne Marc Monnet.

Sans oublier le "voyage surprise": le 12 avril, le festival emmènera les spectateurs entendre, dans des lieux qu'ils ne connaissent pas, des musiques dont ils ignorent le nom.

"Ce rendez-vous permet de faire écouter des pièces incongrues à un public beaucoup plus disponible, qui prend ça comme un jeu", se réjouit Marc Monnet.

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