Accueil Actu

Collision d'Allinges: la SNCF plaide la relaxe, rejette la faute sur le chauffeur

La SNCF, poursuivie pour homicides involontaires dans le procès de la collision d'Allinges (Haute-Savoie), a plaidé la relaxe vendredi, affirmant que le chauffeur du car, Jean-Jacques Prost, était "le responsable" de cet accident.

"Malheureusement, M. Prost, vous êtes un responsable, le responsable, de cet accident", a lancé Me Michel Bertin, avocat de la SNCF.

Si le chauffeur "avait respecté le code de la route, nous ne serions pas là aujourd'hui", a pointé l'avocat.

Il a ainsi rappelé que le code de la route prévoyait "une priorité incontestable" du train sur les véhicules automobiles.

En outre, "aucun conducteur ne doit s'engager sur un passage à niveau si son véhicule, du fait de ses caractéristiques techniques ou des conditions de circulation, font qu'il risque d'y être immobile", a-t-il ajouté.

Le 2 juin 2008, un car scolaire, avec à son bord 55 personnes, était resté coincé sur le passage à niveau, avant d'être heurté par un TER. Sept collégiens de 11 à 13 ans sont morts dans la collision.

La SNCF et Réseau ferré de France (RFF) sont poursuivis pour avoir sous-estimé la dangerosité du passage à niveau.

Le chauffeur "s'est arrêté deux fois", a souligné Me Bertin.

"S'il ne s'était pas arrêté, ne serait-ce que la deuxième fois, il serait sorti avant l'arrivée du train", a-t-il ajouté, estimant que le car aurait dû avancer, quitte à briser la barrière du passage à niveau.

Me Bertin a en outre souligné que la SNCF n'était "pas en charge de la voirie".

"A qui incombe la sécurité routière? Au maire, au préfet, au conseil général", a-t-il dit.

Ces autorités "qui ne sont pas aujourd'hui devant votre salle d'audience alors qu'ils devraient y être (...) manquent à ce procès", a regretté l'avocat.

Il a enfin assuré que la SNCF n'avait pas été informée de la dangerosité du passage à niveau d'Allinges.

"Ne venons pas dire qu'il y avait eu des incidents en 2008 puisque ni le maire, ni la SNCF n'en avaient été prévenus", a-t-il affirmé.

Il a demandé au tribunal "d'avoir le courage" de relaxer la SNCF, reconnaissant par avance que cela susciterait "une déception pour les parties civiles" et "une certaine incompréhension médiatique".

Jeudi, le parquet a requis une amende de 300.000 euros à l'encontre de la SNCF pour sa "défaillance" dans la "détection du caractère dangereux du passage à niveau" d'Allinges.

RFF et SNCF encourent une peine maximum de 450.000 euros d'amende.

À la une

Sélectionné pour vous