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Ieng Thirith, surnommée la "première dame" de l'ancien régime ultra-communiste des Khmers rouges, a comparu pour la première fois mercredi en séance publique devant un tribunal spécial parrainé par l'ONU à Phnom Penh où ses avocats devaient faire appel de sa détention.
Ieng Thirith, 76 ans, ex-ministre de l'Action sociale pendant la période où les Khmers rouges étaient au pouvoir (1975-1979), avait été arrêtée en novembre avec son époux Ieng Sary, 82 ans, ancien ministre des Affaires étrangères. Le couple avait été inculpé de "crimes contre l'humanité".
Selon son avocat cambodgien Phat Pouv Seang, Ieng Thirith souffre de troubles mentaux et doit être remise en liberté. Mais, selon des responsables du tribunal, des médecins l'ont considérée apte à être jugée.
Ieng Thirith et Ieng Sary avaient contesté les faits qui leur sont reprochés peu après leur arrestation.
"Les affirmations des procureurs sont fausses à 100%", avait dit Ieng Thirith, assurant qu'à son poste, elle n'avait fait "qu'aider la population".
Quelque deux millions de personnes ont trouvé la mort sous le régime des Khmers rouges, qui, au nom d'une idéologie mêlant maoïsme et nationalisme, avait fait régner la terreur il y a trois décennies au Cambodge, vidant les villes au profit des campagnes, exténuant la population par le travail forcé et éliminant systématiquement tout opposant.
Les Khmers rouges avaient été chassés du pouvoir en 1979 à la suite d'une invasion vietnamienne.
Ieng Sary et Ieng Thirith, qui avaient été arrêtés dans leur luxueuse villa de Phnom Penh, sont poursuivis pour meurtre, extermination, emprisonnement, persécution et autres actes inhumains. S'ils sont condamnés, ils risquent la prison à perpétuité, la peine de mort étant exclue par le tribunal à participation internationale mis en place en juillet 2006 à Phnom Penh.
Ieng Sary avait fait l'objet d'une condamnation à mort par contumace pour génocide en 1979 après l'invasion vietnamienne, mais avait été grâcié en 1996 par le roi après avoir abandonné les Khmers rouges redevenus rebelles.
