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Au procès à Liège, la défense d\'Ait Oud a remis en cause la fiabilité du test de polygraphe passé par l\'accusé et au cours duquel il a livré certaines réponses mensongères capitales.
Cet après-midi, c'était au tour du polygraphiste de venir s'expliquer. C'est l'inspecteur Frédéric Dehon qui a fait subir à Abdallah Ait Oud le test du polygraphe réclamé par un de ses premiers conseils lors de l'enquête. Ce test a été effectué en janvier 2007 et Ait Oud a eu à répondre pendant près de six heures à deux séries de questions relatives aux faits. Le polygraphiste a été entendu cet après-midi, donnant toutes les garanties sur ce procédé, mais l'avocat d'Abdallah Ait Out a remis en cause la fiabilité du test de polygraphe passé par l'accusé et au cours duquel il a livré certaines réponses mensongères capitales.
Selon le polygraphe, c'est Ait Oud le meurtrier
Aux questions qui permettaient de savoir s'il avait physiquement causé la mort de Stacy et Nathalie, Abdallah Ait Oud a proposé des réponses mensongères. Aux questions relatives à sa connaissance des faits, il a répondu de manière mensongère ou non concluante.
Frédéric Dehon a indiqué à la cour qu'Abdallah Ait Oud a toujours nié avoir commis les faits, montrant même son agacement. "Je dis la vérité, je ne mens pas", a-t-il ajouté lors du test du polygraphe.
Les médecins vont vérifier si les médicaments peuvent fausser les résultats du détecteur de mensonge
Lors de ce témoignage et des questions soulevées par les avocats, l'accusé s'est levé pour signaler qu'il n'avait pas effectué ce test dans des conditions optimales. "Je prenais des médicaments alors que j'étais en prison, a-t-il précisé. Des calmants et des cachets pour dormir." Son avocat, Me Martins, a sérieusement contesté la valeur à attribuer à ce test. Après cette révélation de l'accusé et malgré le démenti apporté par le polygraphiste, des devoirs pourraient être effectués en cours de procès. La cour fera entendre le médecin de la prison de Lantin par le légiste Boxho afin de vérifier les informations relatives à cette consommation de médicaments et à leur posologie.
Le polygraphiste, soutenant une fiabilité de ses tests à 90 %, a remarqué qu'il n'avait pas connaissance de personnes qui auraient échoué à ce test et auraient ensuite été acquittées lors de leur procès. A Liège, deux des trois accusés récemment jugés aux assises et qui avaient échoué à ce test auprès de l'inspecteur Dehon ont pourtant été acquittés. Deux inspecteurs, qui ont procédé à tous les interrogatoires d'Abdallah Ait Oud, ont évoqué vendredi les évolutions dans ses déclarations, ses contradictions lorsqu'il a évoqué les raisons de son absence durant trois jours à l'époque des faits ou ses passages d'énervement.
Il a maintenu être innocent lors de ses rencontres avec d’autres détenus
Daniel Lamoque et Philippe Bodart ont aussi révélé qu'une mission d'infiltration avait été confiée à un policier, inséré comme faux détenu en cellule, dans l'espoir d'obtenir des confidences ou des éléments favorables à l'enquête. Ait Oud avait notamment répété à ces occasions qu'il était "innocent et incapable de faire du mal à des enfants".
« Soit je suis calme, soit j’explose! »
L'inspecteur Bodart a précisé que l'accusé avait piqué une première colère lors d'un interrogatoire relatif à ses chaussures. Alors qu'il prétendait porter de vieilles chaussures le soir de la Braderie St-Léonard, des témoins ont soutenu qu'il portait de nouvelles chaussures. Ces chaussures n'ont jamais été retrouvées, à l'exception de leur boîte d'origine. "Il s'est levé et a piqué une colère comme nous en avons rarement vu, a précisé l'inspecteur. C'était sa première vraie colère!"
C'est notamment au cours de ces fameuses colères qu'Ait Oud avait lancé aux inspecteurs: "Arrêtez vos conneries, cherchez le coupable, voyez un peu du côté des pères!". Et c'est alors aussi qu'il avait fait remarquer aux enquêteurs qu'il n'avait pas de juste milieu: "soit je suis calme, soit j'explose!", avait-il dit.
Les débats de la cour d'assises de Liège reprendront lundi dès 09 heures. Des experts en fibres viendront expliquer, au départ des prélèvements effectués sur les cadavres et les vêtements d'Abdallah Ait Oud, l'intensité des contacts qui auraient pu se produire entre l'accusé et les deux victimes.
