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Selon la presse flamande de ce jeudi matin, des voleurs ont dérobé mercredi matin des munitions au domaine militaire de Bourg-Léopold, dans le Limbourg. Il s'agit notamment de roquettes anti-char, utilisables contre des fourgons par exemple. Il pourrait s’agir d’une commande du grand banditisme.
La Défense parle d'un "incident grave en matière de sécurité". "Les procédures ont été immédiatement enclenchées et trois enquêtes ont été ouvertes: l'une interne, l'autre confiée à la police et la troisième à la justice", a indiqué jeudi le ministère de la Défense, précisant que le ministre, Pieter De Crem, s'est constitué partie civile en tant que responsable du département.
Des voleurs ont en effet dérobé mercredi matin des armes de guerre dans le dépôt de munitions du domaine militaire de Bourg-Léopold, dans le Limbourg. Si le vol ne concernerait pas une quantité importante de matériel, il s'agirait d'armes lourdes: des roquettes anti-char, des grenades, des munitions pour armes à feu et des et des thunderflashes (de gros pétards d'exercice).
Les roquettes volées sont en effet bien des roquettes anti-char, des M-72 LAW ("Light Antitank Weapon") qui peuvent transpercer des chars et des bunkers. Elles peuvent également atteindre des hélicoptères volant à basse altitude. Ces armes pourraient donc être utilisées pour attaquer des fourgons blindés. "C’est catastrophique parce que ce sont des munitions assez dangereuses. Les gens qui les ont peuvent avoir des idées mal prévues", a souligné sur Bel RTL Erwin De Staelen, le président du SLFP Défense (syndicat libre).
Ni vu ni connu : le plan De Crem mis en cause
Il est étonnant de constater que ce vol important s'est déroulé sans violences et dans la plus grande discrétion. Les militaires ne se sont aperçus de rien. Ce sont des surveillants qui ont donné l'alerte à 08h45 lors d'une ronde de contrôle. Comment est-ce possible dans un lieu que l’on imagine hautement sécurisé ? Cela n'étonne qu'à moitié les syndicalistes. "On sait que sur le terrain, les gens sont stressés et sont démotivés. Et il y a parfois des emplacements où il y a moins de personnel à cause du plan De Crem", a déploré Erwin De Staelen. Le bâtiment où étaient entreposées les armes n'était en effet plus gardé en permanence. Par le passé, huit militaires le surveillaient 24h/24, aujourd'hu, le bunker où étaient entreposées ces armes était protégé par un système électronique. Le vol "reste une énigme", a ajouté le porte-parole, assurant que si l'enquête interne révélait qu'un militaire était impliqué des sanctions seraient prises, qui pourrait aller jusqu'à la démission.
Sans doute une commande des milieux criminels
Pour le moment, on ignore encore l'identité des voleurs. Mais la police peut dresser facilement leur profil. Il s'agit sans doute de malfrats issus du grand banditisme. Le vol de ce type de matériel pourrait donc être le fait d'une commande des milieux criminels.
Un des porte-parole de la Défense, le commandant Séverin, a confirmé le vol. Le parquet de Hasselt a ouvert une enquête. La Défense n'a pas désiré fournir plus de détails sur le butin volé afin de ne pas compromettre les devoirs d'enquête qui doivent être réalisés. Une enquête a également été ouverte au niveau interne de la Défense. Celle-ci a été remise aux mains de la police fédérale.
