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Las Vegas, c’est l’ADN de la démesure des États-Unis. Un Disneyland géant pour adulte, les attractions étant remplacées par des hôtels et restaurants spectaculaires, qui hébergent des casinos et des « shows » quotidiens (musique, magie, etc). Le tout fonctionnant quasiment 24h sur 24, 7 jours sur 7.
Lors du CES de Las Vegas, le plus grand salon mondial des technologies, Lenovo, géant chinois deu matériel informatique et électronique, s’est offert une soirée à la « Sphere », salle de spectacle pour le moins impressionnante. Ce soir-là, plutôt que le Magicien d’Oz en version Sphere, j’ai eu droit à de nombreuses annonces, mais aussi la venue sur scène de l’une des patronnes de l’entreprise, Jennifer Koester. Elle a levé le voile sur le fonctionnement de ce concept hors norme.

Des chiffres fous
Tout d’abord, quelques données pour mesurer l’ampleur de la Sphere. C’est une boule d’environ 150 mètres de diamètre, avec un assemblage d’écrans LED sur la partie extérieure (54.000 m2) et un autre type d’écran, d’une définition folle, à l’intérieur, pour diffuser des vidéos (16.000 m2). Ce qui fait 70.000 m2 au total, soit la surface d’environ 10 terrains de football ! Les contenus projetés à l’intérieur sont diffusés en 18K x 18K environ, soit la définition de LED la plus élevée utilisée dans une salle de spectacle au monde. L’écran immersif représente environ 170 à 256 millions de pixels. Les sièges peuvent vibrer (assez fort !) et il y a des trappes qui lâchent du plafond d’écran des éléments en mousse durant le show. Le tout consomme jusqu’à 28 MW d’électricité, l’équivalent de 21.000 foyers !

Des caméras et un studio dédiés
La responsable des opérations a expliqué qu’au-delà de la salle, il faut gérer la création d’un contenu sur mesure. Il y a donc les Sphere Studios comprenant un dôme de test, employant 150 employés, dont ceux qui ont développé une caméra spéciale pour capturer un contenu d’une qualité unique (personne d’autre n’a besoin de vidéos en 18K x 18K).

Bientôt d’autres Sphere ?
Il n’y a qu’à Vegas, temple du « show » à l’américaine, qu’un tel concept peut exister. La construction du bâtiment est estimée à 2,15 milliards d’euros, et les frais d’exploitation mensuelle à 25 millions de dollars par mois, dont 500.000 d’électricité. Pour rentabiliser tout ça, il faut donc des milliers spectateurs tous les jours qui dépensent au moins 120$ pour le ticket d’entrée, et de la pub sur les écrans extérieurs - le tout rapportant entre 55 et 60 millions de dollars par mois.
Raison pour laquelle le projet Sphere à Londres a été abandonné. Malgré tout, lors de la conférence de cette semaine, la patronne a évoqué « une dizaine » de projets en cours d’évaluation, aux États-Unis comme à l’étranger, sur base de franchise – les mêmes contenus/spectacles projetés dans toutes les Sphere.


















