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Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, devrait annoncer jeudi à Nice le port obligatoire d'un gilet pare-balles pour les 20.000 policiers municipaux français, ont estimé plusieurs syndicats de la profession.
M. Guéant était attendu dans l'après-midi aux Premières rencontres nationales de la police municipale, organisées à l'initiative du député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi.
"Je pense que le gilet pare-balles nous allons l'avoir", a commenté Frédéric Foncel, président du Syndicat national des policiers municipaux (SNPM, affilié à la CFTC), reçu mercredi à l'Elysée. Une certitude également affichée par deux autres syndicats représentant la profession.
En revanche, l'équipement obligatoire de tous les policiers en armes de poing - une autre revendication syndicale - paraît peu probable. Cette décision revient aux maires, très partagés sur cette question. Si la mairie de Nice a solidement armé sa police municipale, Marseille rechigne par exemple à le faire.
"L'Association des maires de France doit prendre ses responsabilités. Quand j'entends certains propos, selon lesquels les policiers municipaux doivent encore laisser aux maires l'appréciation d'armer ou pas leur police municipale, ce n'est pas acceptable", a commenté M. Foncel.
"On envoie des jeunes de 20 ans, 25 ans, 30 ans, des pères de famille, des mères de famille sur la voie publique avec des délinquants de plus en plus armés, sans rien à la ceinture, nus comme des vers de lampe!", s'indigne-t-il.
Il menace d'ailleurs de saisir la justice à l'avenir contre les maires "irresponsables": "On les traînera devant les tribunaux. Si on ne veut pas nous équiper correctement, qu'on nous mette dans des parcs et jardins habillés en jaune!"
Raphaël Gutierrez, qui représente la profession des policiers municipaux au sein de Force ouvrière, se dit également "pour l'obligation faite aux maires d'armer ses policiers municipaux, on est pour". "Mais ce sera difficile à inscrire dans la loi", admet-il.
Les syndicats réclament aussi une revalorisation salariale, notamment le versement à tous les agents de la "prime de police" qui représente jusqu'à 20% du montant du salaire.
