Partager:
Les Anjouanais ont commencé à voter dimanche pour le second tour d'une élection présidentielle destinée à sortir cette île comorienne de la crise, après le renversement militaire en mars de son ancien homme fort, Mohamed Bacar, a-t-on appris de source officielle à Moroni.
Le premier tour de scrutin, le 15 juin, avait été marqué par un faible taux de participation (42,79%) et avait vu Mohamed Djaanfari, avec 44,18% des suffrages, devancer Moussa Toybou (40,12%).
Près de 128.000 électeurs, sur une population d'environ 250.000 personnes, sont appelés aux urnes dans 240 bureaux de vote répartis sur cette île montagneuse, la plus pauvre et la plus peuplée des îles de l'archipel des Comores (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).
"Le vote a commencé à 07h00 (04h00 GMT), heure légale, sur toute l'île", a déclaré Abdou Abdallah, président de la Commission insulaire électorale.
"Notre bureau a ouvert à 07h00", a ainsi confirmé Aboubacar Mhoudine, président du bureau de vote de Missiri, dans la capitale Mutsamudu, précisant qu'à 09h00, une quarantaine d'électeurs avaient voté.
Dans la localité voisine de Ouani, les opérations de vote ont également débuté vers 07h00, selon Ahmed Mahamoud, pêcheur et revendeur de pétrole dans cette ville.
"Il reste que les gens ne se rendent pas en masse aux bureaux de vote. Il n'y a aucune queue devant les bureaux de vote. Je crains un fort taux d'abstention comme lors du premier tour", a-t-il expliqué.
Les deux candidats ont tenté lors de la campagne du second tour de mobiliser les abstentionnistes, mais les Anjouanais semblent davantage préoccupés par l'érosion de leur pouvoir d'achat et la pénurie de carburants.
Cette élection est censée tourner la page Mohamed Bacar, qui a dirigé l'île d'une main de fer pendant sept ans avant d'être renversé, fin mars, par une opération militaire de l'Union des Comores avec l'appui de l'Union Africaine.
Ce scrutin est également un test pour un retour définitif d'Anjouan dans le giron des institutions de l'Union des Comores.
En 1997, Anjouan avait fait sécession. Le colonel Bacar avait ensuite pris le pouvoir par un coup d'Etat en septembre 2001, puis avait été élu président en 2002. En décembre 2001, les trois îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli) avaient voté la création de l'Union des Comores. Et Anjouan avait réintégré l'Union.
Mais en juin 2007, la réélection de M. Bacar avait été jugée illégale par l'Union et l'UA, et il a été renversé par une opération de l'armée comorienne soutenue par des troupes mandatées par l'UA. Il est actuellement assigné à résidence dans une base militaire de l'île française de la Réunion.
