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Quatre jours après son agression, Jonathan garde toujours les séquelles sur son visage. Samedi dernier vers 18h30, alors qu’il est aux commandes de son tram, une voiture tourne sur les rails et le percute. Un homme et son fils sortent du véhicule et montent dans le tram pour le frapper au visage.
« Il y a eu des menaces de mort, entame Jonathan, qui a eu peur de mourir. J’ai craint pour ma vie, j’ai eu peur de ne plus revoir mes enfants. À ce moment-là, on se demande s’il va sortir un couteau ».
Les agresseurs frappent Jonathan avec une partie du tram accidenté
Le modus operandi choque par sa violence. Les faits ont été filmés par des témoins. « Quand il m’attrape, l’autre passager, le conducteur de la voiture, m’assène un coup avec une partie du tram tombée sur la chaussée. Puis, je reçois un autre coup de boule de la part du fils, qui me tenait. J’aurais pu y laisser ma vie, surtout si l’objet avait été tranchant ».

Un phénomène de plus en plus fréquent
Jonathan est conducteur de tram et de bus depuis 8 ans. Jamais il n’avait connu telle agression. Pourtant le phénomène est de plus en fréquent. Sur les 6 premiers mois de 2025, le TEC recense 171 agressions verbales et physiques. Des chiffres en constante augmentation. « Malheureusement, notre société devient de plus en plus violente, estime Lorenzo Scivoli, président wallon du secteur transports à la CSC. On le sait, cela ne sert à rien de le cacher. Heureusement qu’à Charleroi, le TEC dispose de cabine sinon, il y aurait des agressions physiques tous les jours ».
Les agresseurs ont été identifiés et risquent gros
Les deux agresseurs de Jonathan sont identifiés grâce aux caméras de surveillance, et des vidéos des passagers du tram. Mais que risquent-ils concrètement ? « Si l’invalidité dépasse les 4 mois, la peine d’emprisonnement est en théorie de 2 mois à 2 ans, mais avec la circonstance aggravante d’une agression d’un chauffeur du service public, les peines peuvent être doublées pour aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement », éclaire Michael Donatangelo, avocat en droit pénal
Jonathan est en arrêt de travail pour un mois, mais n’exclut pas de prolonger son absence. Il ne réagira plus de la même manière à son retour. « Si les gens ne sont pas en train de mourir, moi, je ne descends plus de la cabine, affirme Jonathan. On est là pour faire notre métier et pas pour se faire agresser ».
Le conducteur de tram a porté plainte contre ses agresseurs. Le TEC s’est constitué partie civile.

















