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Pays basque: Batasuna réitèrerait sa demande de trêve "permanente" à l'ETA

Batasuna, la vitrine politique interdite de l'ETA, devait réitérer samedi sa demande d'un "cessez-le-feu permanent, unilatéral et vérifiable" au groupe basque armé, dans un document signé avec d'autres partis indépendantistes, ont rapporté plusieurs médias espagnols.

Selon l'édition en ligne du journal indépendantiste basque Gara, Batasuna devait souscrire samedi à 17H00 (15H00 GMT) à Guernica au Pays basque (nord) à un "accord pour un scénario de paix" avec son allié, le parti indépendantiste Eusko Alkartasuna, et trois autres mouvements indépendantistes non violents, Aralar, Abertzaleen Batasuna (AB, parti du Pays basque français) et Alternatiba.

Aralar a confirmé partiellement l'information, indiquant qu'il signerait un "accord pour un scénario de paix" mais sans donner de détail sur son contenu.

Dans ce "pacte", les signataires réclament à l'ETA et à l'Etat espagnol "un scénario non violent", avec notamment la levée de l'interdiction de Batasuna, selon le journal Gara.

Ce parti qui est interdit par la justice espagnole depuis 2003 en raison de ses liens avec l'ETA dont il ne condamne pas explicitement la violence, cherche à revenir dans le jeu politique avant les élections locales basques de 2011.

Batasuna n'étant plus un parti officiel, le document sera signé par le mouvement informel "Gauche abertzale" ("patriote" en langue basque) qui regroupe des militants historiques de Batasuna.

Dans le document dont Gara publie des extraits, les signataires demandent à l'ETA "un cessez-le-feu permanent, unilatéral et vérifiable par la communauté internationale" et disent espérer que cette trêve sera "l'expression de la volonté d'un abandon définitif de son activité armée".

Ils réclament parallèlement à l'Etat espagnol l'abrogation de la "Loi des partis politiques", qui a permis l'interdiction de Batasuna, et la suspension des instructions judiciaires et procès en cours contre ses dirigeants.

Cet appel intervient 20 jours après l'annonce par l'ETA d'un cessez-le-feu aux contours flous, jugé insuffisant par le gouvernement socialiste espagnol de José Luis Rodriguez Zapatero.

L'organisation indépendantiste a annoncé le 5 septembre dans une vidéo transmise à la BBC qu'elle "ne mènera pas d'actions offensives armées", sans préciser si cet arrêt était temporaire ou définitif.

Deux semaines après, le groupe armé s'est dit prêt à dialoguer avec des médiateurs internationaux pour "étudier avec eux les étapes nécessaires au processus démocratique, y compris les engagements que doit adopter l'ETA", se conformant ainsi partiellement à une demande de Batasuna.

Echaudé par la fin de la précédente trêve proclamée par l'ETA en 2006, avec la mort de deux personnes dans un attentat à l'aéroport de Madrid, M. Zapatero a jugé "insuffisants" ces annonces, exigeant un abandon définitif des armes, sans condition et de manière vérifiable.

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