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Deux "actes de malveillance" sur les voies et la découverte du corps d'un homme déchiqueté sur l'axe Paris-Lille perturbent fortement le trafic des TGV, Thalys et Eurostar samedi.
"Un fer à béton a été fixé sur la caténaire de la LGV (ligne grande vitesse) Nord", entre Longueil-Sainte-Marie et Fresnoy, dans les sens Lille-Paris et Paris-Lille, a expliqué la SNCF, qui en raison de "ces actes de malveillance" a dû détourner la circulation sur la voie classique.
Conséquence: une quarantaine de TGV, Thalys et Eurostar et leurs milliers de passagers subissaient samedi d'importantes perturbations.
Selon le site d'informations en ligne de la SNCF, une vingtaine de TGV, cinq Eurostar et une dizaine de Thalys, à destination d'Irun, Amsterdam, Bruxelles, Paris, Ostende, Londres, Valenciennes et Tourcoing, Cologne, Strasbourg et Marseille, devaient ainsi subir "entre une et deux heures trente" de retard.
Cinq TGV ont par ailleurs été retardés de trois heures.
Parmi ceux-ci un train parti à 6h25 de Lille et dont l'arrivée était prévue à 13h56 à Toulouse, a été immobilisé de 7H25 à 10H28 entre Longueil et Fresnoy, avant de pouvoir repartir avec ses 350 passagers.
Trois trains (Lille-Paris, Paris-Tourcoing et Tourcoing-Paris) ont par ailleurs été supprimés.
"Dans une hypothèse pessimiste, il faut considérer que le détournement des trains empruntant la ligne se prolongera jusqu'en début d'après-midi", a précisé la SNCF. Elle a indiqué qu'elle allait porter plainte.
A Paris, gare du Nord, c'était la cohue avec des milliers de personnes en attente sur les quais.
La découverte du corps d'un homme déchiqueté sur l'axe Paris-Lille, entre Pierrefitte (Seine-Saint-Denis) et Garges-lès-Gonesse (Val d'Oise), a contribué à dégrader la situation, le trafic étant dévié sur une ligne RER, le temps que la police mène à bien les investigations d'usage.
Guillaume Pépy, le président de la SNCF, a annoncé samedi sur TF1, que l'entreprise allait "renforcer la surveillance du réseau" SNCF, après ces nouveaux actes de malveillance.
Ces incidents viennent s'ajouter à un longue liste d'avaries sur des caténaires à l'origine d'énormes pagailles pour les usagers.
Le week-end dernier, une nouvelle rupture de caténaire survenue dans l'Essonne avait suscité la colère du secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, qui avait immédiatement dénoncé "l'incident de trop" bien qu'elle semblait due cette fois à des tirs de fusil et non à une défaillance de la SNCF.
"Ce type de dysfonctionnements a été beaucoup trop nombreux ces derniers mois", ce qui est "tout à fait inacceptable", avait-il souligné mardi.
Raison du courroux gouvernemental, cet incident, qui a retardé des dizaines de TGV Atlantique, succédait à plusieurs autres en août et septembre.
Hyper médiatisées, survenant en pleines vacances ou au milieu d'un week-end prolongé, ces pannes avaient retardé des dizaines de trains pendant des heures et contraint des milliers de voyageurs à dormir dans les TGV ou dans les gares.
Au point que la SNCF a dû diligenter un audit des caténaires, à remettre au gouvernement. Et s'est fait rappeler à l'ordre sur son devoir d'informer en temps réel les usagers.
Samedi, M. Bussereau s'est montré plus indulgent avec la SNCF, en condamnant les actes de malveillance "avec la plus grande fermeté", et en soulignant que ce type d'"agissement inqualifiable" pouvait "mettre des vies en danger".
De son côté, la CFTC a estimé que "la SNCF fait trop souvent figure de bouc émissaire du gouvernement" et que "les responsabilités doivent être placées là où elles sont vraiment, tant pour ce qui concerne le vieillissement du réseau que lors d'incidents indépendants de la volonté de la SNCF".
