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Le conseil d'ITER pourrait rallonger le calendrier du projet

Le conseil d'ITER, réuni mercredi et jeudi à Cadarache, va discuter du calendrier de ce vaste projet expérimental international installé en Provence et destiné à prouver que la fusion thermonucléaire peut fournir de l'énergie au monde.

"Nous devons encore finaliser un calendrier (...) peut-être que l'objectif de 2018 peut susciter des discussions", explique à l'AFP le directeur général d'ITER, Kaname Ikeda.

"Nous avons fait tout le nécessaire pour préparer ces décisions" et malgré la crise financière, le projet ITER a été confirmé dans toute son étendue au conseil de juin au Japon, insiste-t-il.

Le conseil des sept partenaires (Chine, Corée, Etats-Unis, Europe, Inde, Japon, Russie) a adopté en juin une nouvelle approche par étapes avec 2018 comme "base de travail" pour un premier plasma - sorte de "soupe" atomique obtenue après avoir été chauffée à des millions de degrés.

Dans un premier temps il s'agira d'atomes d'hydrogène avant de passer au deuterium-tritium en 2026 selon le calendrier retenu jusqu'à présent.

Une révision du projet initial élaboré en 2001 s'imposait pour l'adapter au site de Cadarache, choisi en 2005, et parce que le monde a changé: crise financière, explosion du coût des matières premières, progrès dans la connaissance de la fusion.

"Si les parties décidaient que 2018 est finalement trop risqué, nous pouvons introduire de la flexibilité", dit M. Ikeda. "Si le calendrier est modifié, les coûts seront modifiés, ce n'est pas encore décidé", poursuit-il, "il faut adopter le calendrier" dès que possible.

ITER ("le chemin" en latin), officiellement lancé voilà trois ans, avait été évalué en 2001 à quelque 10 milliards d'euros (moitié pour la construction, moitié pour le fonctionnement). Il doit être financé en nature à 90% par les membres qui fourniront les pièces du Tokamak, la machine de 23.000 tonnes où s'effectuera la fusion.

"Nous sommes dans une période de préparation intense et nous avons besoin de formaliser le lancement de la construction", dit un responsable sous couvert de l'anonymat.

"Tout le monde sait que le planning est très tendu", ajoute-t-il. La plupart des pays disent que c'est possible, mais "l'Europe a indiqué que le coût de sa contribution était en accroissement significatif".

L'Union européenne, principal contributeur (environ 45%), doit notamment assurer la construction de 39 bâtiments. Les premiers coups de pioche se font attendre sur l'esplanade de 40 hectares achevée en mai.

L'UE veut "s'assurer du succès durable d'ITER à des coûts raisonnables et avec un niveau de risques acceptable", explique Catherine Ray, porte-parole pour la Science et la Recherche à la Commission.

"Nous avons besoin d'un calendrier réaliste, nous devons être certains de fonder nos décisions sur des estimations de coûts crédibles, incluant des mesures pour contenir les coûts", ajoute-t-elle.

Tous les membres ont désormais leurs agences, y compris depuis l'an dernier la Chine qui pourrait accueillir le conseil de juin. Un tiers des accords sont déjà signés avec les agences, selon M. Ikeda, ce qui leur permet de préparer et lancer des appels d'offres.

Plus de 700 personnes travaillent sur le site, dont 400 employées par ITER Organization contre sept voilà trois ans. En 2013, elles seront 3.000 à 4.000.

L'agence ITER France, chargée de viabiliser 90 hectares sur les 180 dévolus à ITER, est dans les temps, avec 100 millions d'euros dépensés sur 150. Au total, les entreprises françaises ont déjà bénéficié de 365 M EUR de contrats.

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