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Le texte présenté par le Mexique au terme de douze jours de négociations internationales sur le changement climatique à Cancun a été adopté ce samedi par près de 200 pays rassemblés sous l'égide de l'ONU.
série de mécanismes pour lutter contre le changement climatique, dont un Fonds vert pour aider les pays en développement. L'accord de Cancun "ouvre une nouvelle ère pour la coopération internationale sur le changement climatique", a déclaré la ministre mexicaine les Affaires étrangères, Patricia Espinosa, dont la voix était couverte par les applaudissements nourris des délégués présents en séance plénière.
La Bolivie, seul pays à se prononcer contre le texte
L'accord a été adopté en dépit de l'opposition de la Bolivie, seul pays à s'être prononcé contre ce texte. "La règle pour l'adoption est le consensus", a souligné le négociateur bolivien Pablo Solon, évoquant un "précédent funeste". "La règle du consensus ne signifie pas l'unanimité, ni qu'une délégation puisse prétendre imposer un droit de veto sur une volonté qui avec tant de travail a été accomplie", a répondu Mme Espinosa.
Les points principaux de l'accord
Le texte adopté samedi à Cancun (Mexique) par les pays membres de la convention de l'Onu sur le climat prévoit la mise en place d'une série de mécanismes pour enrayer le changement climatique, et aider les plus pauvres à s'y adapter, et rappelle quelques objectifs globaux.
OBJECTIFS POUR ENRAYER LE CHANGEMENT CLIMATIQUE:
- Le texte reconnaît qu'il faut "des réductions importantes" des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour limiter la hausse de la température globale à 2° par rapport aux niveaux pré-industriels.
- Pour atteindre les objectifs préconisés par la science, les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de 25 à 40% d'ici à 2020, par rapport à 1990. Ce point est inscrit dans le texte consacré au protocole de Kyoto, et donc n'implique par le deuxième plus grand pollueur, les Etats-Unis, qui ne l'ont pas ratifié.
- Il est nécessaire d'"intensifier les efforts de réduction des émissions de GES pour arriver à l'objectif affiché".
REVISION DES OBJECTIFS A LONG TERME:
- Le texte prévoit de revoir "périodiquement" les objectifs à long terme (limite de 2°C) en fonction de l'observation des impacts du changement climatique et des connaissances scientifiques, notamment des rapports du Groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (Giec), et la possibilité de renforcer cet objectif à 1,5°C.
- La première révision démarrera en 2013 et devra être achevée en 2015
AVENIR DU PROTOCOLE DE KYOTO :
- Les travaux doivent se poursuivre pour "s'assurer qu'il n'y aura pas de délai entre la première période d'engagement" qui s'achève fin 2012, et la deuxième.
- Le texte, qui ne dit néanmoins pas clairement qu'il y aura une prolongation après 2012, ne demande pas aux pays industrialisés d'inscrire leurs objectifs chiffrés de réduction d'émissions pour une seconde période.
CONTROLE DES ACTIONS PRISES PAR LES PAYS EN DEVELOPPEMENT POUR REDUIRE LEURS EMISSIONS DE GES:
- Ces pays, et notamment les grands émergents comme la Chine et l'Inde, "en fonction de leurs capacités" notamment, soumettront des rapports tous les deux ans avec leurs inventaires de gaz à effet de serre, et des informations sur les actions entreprises pour les réduire.
- Ces rapports seront soumis à des consultations et analyse internationales (ICA), "non intrusives", "non punitives", et "dans le respect de la souveraineté nationale".
AIDE AUX PAYS EN DEVELOPPEMENT :
- Création d'un Fonds vert climat pour "soutenir des projets, programmes, politiques des pays en développement".
- Les pays développés ont promis à Copenhague de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, mais l'origine de ces fonds n'a pas encore été identifiée. La Banque mondiale servira d'administrateur intérimaire pour le Fonds durant trois ans.
- Le Conseil d'administration comptera 24 membres, avec représentation équitable des pays développés et en développement dont les petits Etats insulaires particulièrement exposés au changement climatique.
- Création d'un Centre de technologie pour le climat (ensemble d'experts chargés de faire des propositions) et d'un réseau (qui sera au plus près des projets sur le terrain) pour développer le savoir-faire sur les nouvelles technologies vertes dans les pays du Sud afin de réduire les émissions de GES et s'adapter aux impacts inévitables du changement climatique.
REDUIRE LA DEFORESTATION:
- Le texte pose l'objectif de "ralentir, arrêter et inverser la perte du couvert forestier", à l'origine d'environ de 15% à 20% des émissions globales de GES.
- Il prévoit "la participation" des parties impliquées dans la gestion de la forêt, dont les populations autochtones, mais les mécanismes de contrôle sont plutôt faibles.
- La possibilité d'utiliser le marché du carbone pour financer ce coûteux mécanisme n'apparaît pas dans le texte.
