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L’un des procès les plus attendus de l’année s’ouvre ce lundi en France. L’islamologue suisse Tariq Ramadan est jugé devant la cour criminelle départementale de Paris pour des faits de viol.
Trois femmes se sont constituées parties civiles. Elles accusent cette figure contestée de l’islam européen de viols commis entre 2009 et 2016 en France. Ce procès pourrait marquer l’épilogue de huit années de procédure judiciaire.
La première plainte a été déposée en octobre 2017 par Henda Ayari, dans le sillage du mouvement #MeToo. Cette ancienne pratiquante musulmane salafiste, devenue militante féministe laïque, affirme avoir été violée en 2012 à Paris.
Selon les enquêteurs, les différents témoignages décrivent un mode opératoire similaire : Tariq Ramadan aurait ciblé des femmes fragiles, en quête d’amour, de reconnaissance ou de spiritualité. Les relations auraient rapidement basculé dans l’ultra-violence. Les plaignantes évoquent des rapports sexuels particulièrement brutaux, mêlant force physique et intimidation pour imposer certaines pratiques.
Un changement de discours
Tariq Ramadan conteste les faits. Il a d’abord nié toute relation sexuelle avec les trois femmes, avant d’admettre des relations adultères qu’il qualifie de « rudes », mais selon lui consenties. Il affirme que chaque geste et chaque pratique sexuelle étaient discutés au préalable. À ce stade, il reste présumé innocent dans cette affaire.
L’islamologue a toutefois déjà été condamné en Suisse. En septembre 2024, la justice genevoise l’a condamné en appel à trois ans de prison, dont un an ferme, pour un viol commis en 2008 à Genève. Il avait été acquitté en première instance. Tariq Ramadan a annoncé vouloir saisir la Cour européenne des droits de l’homme pour contester cette condamnation.
Le procès parisien se tiendra à huis clos, à la demande de l’une des plaignantes qui souhaite préserver son anonymat. Les débats sont prévus jusqu’au 27 mars. Tariq Ramadan encourt jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.














