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« Nous sommes sur nos gardes » : la Belgique craint des représailles après l’interception d’un pétrolier lié à la flotte fantôme russe

par RTL info avec Belga
Pour la première fois, l’armée belge a arraisonné un pétrolier lié à la flotte fantôme russe. L’opération, menée avec le soutien de la France, a conduit à la saisie de l’Ethera à Zeebrugge et à l’ouverture d’une enquête pénale. Les autorités redoutent d’éventuelles représailles de Moscou.

L’intervention s’est déroulée dans la nuit de samedi à dimanche en mer du Nord. Peu après 1h20, le ministre de la Défense Theo Francken (N-VA) annonçait que l’armée belge, avec l’appui de la France, avait arraisonné un pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe. L’opération, baptisée « Blue Intruder », constitue une première pour la Belgique.

Pétrolier-russe.jpg
X - Theo Francken

Le navire visé est l’Ethera, un tanker de 180 mètres battant pavillon guinéen, mais figurant sur la liste des navires sanctionnés par l’Union européenne pour contourner les sanctions internationales. Selon le ministre, il s’agit « d’indices sérieux de tromperie et de contournement des sanctions ».

Une opération d’envergure en mer du Nord

L’arraisonnement a mobilisé 93 militaires et un chien. Des hélicoptères de la marine française ont apporté leur soutien. Les forces belges ont pris le contrôle de la passerelle vers minuit et le navire était entièrement sous leur contrôle vers 1h11, selon le chef de la Défense, le général Frederik Vansina. Les 21 membres d’équipage ont été identifiés. L’Ethera est arrivé vers 9h00 au port de Zeebrugge, où il a été saisi.

D’après Frederik Vansina, la Belgique surveillait le pétrolier depuis un certain temps. Le navire présentait « de nombreux indices de sa participation aux opérations de la flotte fantôme », notamment des trajets fréquents entre la Russie et l’Amérique du Sud, la désactivation régulière de ses systèmes d’identification et l’usage de différents pavillons.

Les images de l’opération

Des documents présumés falsifiés

Le parquet fédéral a ouvert une enquête pour déterminer s’il y a eu violation du Code belge de la navigation. Lors de l’inspection menée à bord, en présence d’un inspecteur de la direction générale Navigation du SPF Mobilité, « les indices du faux pavillon ont été confirmés et des documents du navire présumés faux ont été trouvés », a indiqué le parquet.

« Jusqu’à ce que la guerre s’arrête »

Theo Francken a salué « une équipe de militaires exceptionnellement courageux ». « Sans sa flotte fantôme, Poutine ne peut pas mener la guerre contre des Ukrainiens innocents. Nous retirons donc ces navires un à un. Jusqu’à ce que sa guerre s’arrête », a-t-il affirmé. Le ministre a également insisté sur le rôle de la Belgique sur la scène internationale : « La Belgique est peut-être un petit pays, mais nous sommes le berceau de l’OTAN et de l’UE. Nous prenons nos responsabilités au sérieux. Quand cela compte, nous ne nous cachons pas. »

Le président français Emmanuel Macron a lui aussi diffusé des images de l’opération, évoquant « un coup dur pour la flotte fantôme ».

Le Premier ministre Bart De Wever a félicité les forces armées pour leur « action professionnelle et déterminée » et remercié les partenaires français. « La Belgique veillera toujours au respect du droit maritime international et répondra avec fermeté à toute violation de la sécurité de ses eaux territoriales », a-t-il déclaré.

Crainte de représailles russes

L’arraisonnement pourrait entraîner des réactions de Moscou. « Nous sommes sur nos gardes », a reconnu Theo Francken. L’ambassadeur belge à Moscou pourrait être convoqué. Le Centre national de crise évalue la situation et une nouvelle analyse de la menace a été demandée à l’OCAM.

La Belgique devient ainsi le deuxième pays de l’Union européenne, après la France, à immobiliser un tanker de la flotte fantôme russe. En février, un responsable russe avait averti que Moscou était prêt à mobiliser sa marine pour protéger ses navires et évoqué de « dures contre-mesures » face aux saisies européennes.

Dans un contexte de tensions accrues en mer du Nord et en Baltique, les autorités belges assurent rester vigilantes face aux risques, qu’ils soient maritimes, cyber ou hybrides.

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