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Attaques dans le détroit d’Ormuz : faut-il craindre une flambée des prix du pétrole ?

par RTL info avec Charlotte Simonart et Anna Lawan
Le détroit d’Ormuz est la colonne vertébrale du commerce mondial d’hydrocarbures. Sa fermeture en raison du conflit au Moyen-Orient laisse planer la menace d’un sursaut des prix du pétrole dès l’ouverture des marchés ce lundi. Les prix à la pompe pourraient-ils s’envoler ?

Par ce couloir maritime de 50 km de large, entre les côtes iraniennes et omanaises, 17 millions de barils transitent chaque jour, soit 20 % de l’approvisionnement mondial de pétrole. Le détroit d’Ormuz connecte les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde et surtout à l’Asie, en particulier la Chine, principal acheteur de leur pétrole brut.

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RTL info

« Le pétrole qui passe par le détroit d’Ormuz va à l’est et pas à l’ouest. Donc, si on ferme le détroit, ce qui est impossible physiquement, ceux qui seront pénalisés, ce sont les amis de l’Iran. La Chine a besoin de pétrole pour son économie, elle n’en a pas assez et donc elle dépend des pays du Golfe », explique Samuel Furfari, professeur en géopolitique de l’énergie à l’ESCP Londres.

L’impact pour les pays occidentaux ne serait en réalité que mineur, selon cet expert. « Parce que nous dépendons surtout des pays en dehors du Golfe. Aujourd’hui, il y a énormément de pays qui produisent du pétrole et du gaz, de plus en plus de gaz liquide, qui se retrouvent partout dans le monde. Et si on ne sait pas faire passer du pétrole ou du gaz par le détroit d’Ormuz, il y en a d’autres qui seront contents de nous le vendre », assure Samuel Furfari.

Ces coûts qui augmentent, ça génère des hausses de prix

Le principal risque est la spéculation sur les marchés dès ce lundi. Sous les 60 dollars encore à la mi-décembre, le baril de brut dépassait les 72 dollars vendredi dernier. Les pires scénarios tablent sur le franchissement de la barre symbolique des 100 dollars, si la crise perdure. « On n’en est pas là. Mais on pourrait remonter facilement à 2 voire 3 % d’inflation. Ça peut arriver. Et ça veut dire quoi ? Cela veut dire que, finalement, non seulement on achète à la pompe notre énergie plus chère, mais aussi, les entreprises qui produisent des biens ou même des services doivent payer elles leur énergie plus chère. Elles ont dès lors des coûts qui augmentent. Et ces coûts qui augmentent, ça génère des hausses de prix », prévoit Charlotte De Montpellier, économiste.

Pour freiner l’envolée des prix de l’or noir, l’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, annonce la hausse des quotas de production : 206 000 barils de pétrole supplémentaires par jour dès le mois d’avril.

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