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« C’est loin d’être quelque chose d’impossible » : comment Marc Dutroux a-t-il pu se procurer des images pédopornographiques depuis sa cellule ?

par RTL info avec Hippolyte Waignier
C’est une question encore sans réponse ce lundi matin : comment Marc Dutroux a-t-il pu se procurer des images pédopornographiques depuis sa cellule de prison à Nivelles ? Une enquête est en cours pour y répondre. Marc Dutroux encourt jusqu’à dix ans de prison supplémentaires.

Le détenu le plus surveillé du pays fait l’objet d’une nouvelle enquête depuis 2024. Selon le magazine flamand Humo, 200 photos dont une centaine d’enfants nus ont été découvertes lors d’une fouille de routine de sa cellule. Alors comment cela a-t-il pu se produire ?

Cette nouvelle affaire débute effectivement en 2024 lorsque les gardiens organisent des fouilles dans la prison de Nivelles. Ils recherchent à la base des téléphones portables, mais dans la cellule de Marc Dutroux, ils trouvent ces 200 images pornographiques, dont la moitié qui représenterait des enfants nus.

Une enquête a été réalisée

Le parquet du Brabant wallon ouvre rapidement une enquête. C’est le journaliste Douglas De Coninck qui le révèle : « La juge a commencé une enquête et apparemment, fin de l’année dernière en novembre, l’affaire est passée devant la chambre du conseil de Nivelles », explique-t-il.

« Le fait que le parquet de Nivelles estime qu’il a dû saisir un juge d’instruction, ça veut quand même dire que ce n’est pas très très innocent », estime-t-il également.

Il est malheureusement fréquent que des choses illégales rentrent en prison
Frank Discepoli, Avocat pénaliste

Néanmoins, pour le moment, on ignore comment ces images ont pu se retrouver dans sa cellule. Toutefois, Frank Discepoli, avocat pénaliste, nous donne des pistes d’explications potentielles. « Il est malheureusement fréquent que des choses illégales rentrent dans la prison. On le voit souvent en ce qui concerne la drogue ou des GSM qui arrivent quotidiennement à entrer », constate-t-il.

« Donc il n’est pas étonnant que du matériel, même pédopornographique sous forme de photographies, puisse d’une manière ou d’une autre, rentrer en prison, soit par un codétenu à l’occasion d’une visite, soit par un autre moyen – à savoir, le fait de lancer au-dessus de l’enceinte de la prison toute une série d’objets », ajoute l’avocat pénaliste.

« Loin d’être quelque chose d’impossible »

« C’est donc loin d’être quelque chose d’impossible à l’heure d’aujourd’hui », déplore Frank Discepoli.

Lors d’un interrogatoire, Marc Dutroux affirme qu’il a trouvé ces photos dans une enveloppe sur son lit au retour d’une promenade. Il affirme subir régulièrement des brimades de la sorte de la part de ses codétenus. Mais selon l’avocat pénaliste, cet argument est fréquemment invoqué : « Ce n’est pas rare qu’un détenu, dans la cellule duquel quelque chose est retrouvé (tel qu’un GSM, ou de la drogue), considère que cette chose a été placée là par quelqu’un d’autre. »

« Ce sera évidemment à la justice de déterminer si quelqu’un d’autre a pu effectivement déposer ces photos », déclare-t-il enfin.

Du côté du parquet du Brabant wallon, cette hypothèse semble peu plausible. Il pourrait alors s’agir d’un gardien de prison ou d’un codétenu qui lui aurait donné les clichés en échange d’argent.

Des contacts extérieurs pourtant très limités

Les contacts de Marc Dutroux avec l’extérieur sont pourtant très limités, voire quasiment inexistants. La seule personne qui a le droit de venir le voir, c’est son avocat Bruno Dayez. Et à chacune de ses visites, un important dispositif de sécurité est mis en place. Les couloirs et les ailes adjacents sont évacués et les détenus sont isolés dans leur cellule.

Alors, qui est rentré en contact avec Marc Dutroux ? A-t-il bénéficié de l’aide de quelqu’un pour obtenir ces clichés ? Pour le moment, toutes les pistes restent ouvertes.

Un nouveau procès Dutroux en correctionnelle pourrait donc bien s’ouvrir prochainement. Il risque jusqu’à dix ans de prison, en plus de la perpétuité. Et sa potentielle libération conditionnelle, tant défendue par son avocat, serait compromise pour de bon.

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