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Charles Kushner, ambassadeur des États-Unis en France, était convoqué hier à 19h par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Il lui reprochait un message publié sur Twitter après la mort du jeune Quentin à la suite d’une rixe à Lyon. « L’extrémisme violent de gauche est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin démontre la menace qu’il représente pour la sécurité publique », affirmait l’ambassadeur. « Nous continuerons à suivre la situation et espérons que les auteurs de cette violence seront traduits en justice. »
Réaction du ministre en colère. « Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame à des fins politiques. La France n’a aucune leçon, s’agissant de la violence en particulier, à recevoir de l’international réactionnaire. » Bien que convoqué pour se faire remonter les bretelles, le représentant de Trump en France a séché le rendez-vous. C’est la deuxième fois qu’il agit de la sorte, fin août, il avait déjà été convoqué après des critiques sur l’absence d’action suffisante contre l’antisémitisme. Il avait peut-être piscine ce jour-là, car c’est son chargé d’affaires qui s’est rendu à la convocation. Un lapin, ça va, deux lapins, bonjour les dégâts.
Des diplomates hommes d’affaires
Désormais, l’ambassadeur ne pourra plus accéder directement aux membres du gouvernement français. Autant dire qu’il ne pourra plus exercer sa mission tant qu’il ne se sera pas appuyé aux exigences du ministre. Dans la même veine, l’ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White, avait également été convoqué mi-février pour avoir qualifié d’antisémite et ridicule des poursuites judiciaires contre les personnes qui pratiquent la circoncision selon les rites religieux juifs sans la présence d’un personnel de santé.
Quelques jours plus tôt, l’ambassadeur américain à Varsovie, Thomas Rose, avait provoqué la colère de Varsovie en menaçant de rompre tout contact avec le président du Parlement polonais parce qu’il refusait de soutenir la candidature de Donald Trump au prix Nobel de la paix. On peut voir deux choses dans cette suite d’incidents. La concrétisation au niveau local de l’outrecuidance de l’administration Trump. Les ambassadeurs se comportent en Europe comme s’ils étaient les gouverneurs de lointaines colonies habitées par des indigènes indisciplinés.
C’est aussi révélateur de l’incompétence et du manque d’expérience de ces diplomates qui n’en sont pas. Trump préférant nommer des copains hommes d’affaires plutôt que des fonctionnaires aguerris. Le premier ambassadeur des États-Unis en France fut Benjamin Franklin en 1776. Autre époque.















