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Dans certaines familles, des thématiques comme l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, sont encore extrêmement taboues. Ce qui conduit parfois au rejet du jeune, qui se retrouve du jour au lendemain sans logement, et sans cadre de vie. Le Refuge LGBTQIA+ est donc une nouvelle maison pour ces jeunes.
Neri a retrouvé le sourire grâce à lui et à beaucoup de bienveillance. La jeune femme de 20 ans est arrivée au Refuge début janvier. Avant ça, elle vivait chez sa mère, dans des conditions pénibles. « Elle voulait même que j’arrête l’école et le travail aussi, que je reste vraiment qu’à la maison. Ça ne se passait vraiment pas bien », témoigne la jeune femme.
« Je n’en pouvais vraiment plus »
« Il y avait des tensions, et de l’homophobie aussi », dénonce-t-elle.
Face à une telle situation, Neri planifie sa fugue : « J’avais prévu – dès que j’aurais eu les moyens – de prendre une valise et de m’en aller très loin de Bruxelles, ou même de la Belgique, sans but précis. Même si ça signifiait vivre dehors, je voulais vraiment m’en aller du domicile familial. Je n’en pouvais vraiment plus », confie encore la jeune femme.
Neri a été rejetée en raison de son orientation sexuelle. « Dans ma famille c’est hyper tabou. On est musulmans donc la bisexualité n’est pas acceptée », explique-t-elle.
« Mes parents m’ont fait la morale. Ils m’ont dit : ‘Ce n’est pas bien, tu déshonores la famille’. Pourtant ça ne change pas grand-chose. Je suis toujours la même. Il y a toujours ce côté grande sœur, parce que je suis la plus grande », raconte-t-elle ensuite.
Un encadrement par des professionnels
Le Refuge LGBTQIA+ a été créé en 2018, et a depuis aidé 250 jeunes LGBT âgés de 18 à 25 ans. Aujourd’hui, 14 personnes y logent et sont encadrées par des professionnels pour aller mieux et accéder progressivement à une autonomie. C’est le cas de Sky, un jeune homme transgenre. Il avait à peine 17 ans quand sa mère l’a mis à la porte.
« Ça a été très dur parce que je ne savais plus trop où aller. J’ai même dû me retrouver à dormir dehors. Quand j’ai fini à la rue, j’ai arrêté d’aller à l’école. J’ai raté mon année », raconte le jeune homme.
Mais au Refuge, Sky se sent désormais en sécurité. Il va même prochainement retourner à l’école, pour compléter sa rhéto. « Je me sens apaisé et soulagé. Je peux dormir sur mes deux oreilles. Il n’y a pas l’inquiétude du lendemain, de me demander si je vais devoir dormir dehors. Je peux être moi-même. Je ne dois plus faire semblant pour rendre les gens heureux », témoigne-t-il.
« Comme une autre famille »
Neri parle elle aussi du Refuge avec joie. Désormais, elle arrive à se projeter et à imaginer un bel avenir : « Je me sens mieux ici que quand j’étais chez moi. Même s’il n’y a aucun lien de parenté, c’est vraiment comme une autre famille. Le rêve c’est avoir un logement, une voiture, un bon métier et peut-être une vie de famille. Mais ça, c’est pour après. »
Les personnes accueillies peuvent rester entre trois et six mois renouvelables. Ce lieu est un véritable « cocon » pour ces occupants, dont l’adresse doit néanmoins rester secrète pour la sécurité de tous.















