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Les fraudeurs auraient détourné plus de 5 milliards d’euros du fonds européen pour la relance et la résilience post-Covid, a indiqué lundi le parquet européen (EPPO) dans son rapport annuel.
Quelque 292 nouvelles enquêtes ont été ouvertes en 2025 en lien avec ce fonds de relance, officiellement appelé «facilité pour la relance et la résilience» (RRF).
L’Union européenne a mis en place un fonds de relance de 650 milliards d’euros, pierre angulaire du plan de relance NextGenerationEU, afin d’aider les États membres à redresser leurs économies durant la pandémie.
Un plan à 5 milliards
Pour en bénéficier, les États membres doivent atteindre certains objectifs et jalons convenus à l’avance. La Belgique a ainsi introduit un plan de plus de 5 milliards d’euros.
Ce fonds cessera d’exister fin 2026, ce qui explique la forte augmentation du nombre de demandes introduites en 2025, a déclaré le parquet européen à la plateforme d’investigation Follow The Money.
Raison pour laquelle le nombre d’enquêtes a également fortement augmenté. L’année dernière, l’EPPO a ainsi ouvert deux fois plus d’enquêtes liées au fonds de relance que l’année précédente (292 contre 145 en 2024). Pour la première fois, des enquêtes ont également été ouvertes en Belgique, à Chypre et en Lettonie.
518 affaires en cours
Fin 2025, le parquet européen comptait 518 affaires en cours liées à NextGenerationEU, dont 512 concernaient spécifiquement le fonds de relance. Dans ces 518 affaires, 1.419 faits pénalement répréhensibles ont été examinés, impliquant au total 1.993 suspects.
La forme de fraude la plus courante consiste à fournir des informations fausses, incomplètes ou trompeuses afin d’obtenir des fonds, par exemple en falsifiant des factures et des contrats.
Au total, à la fin de l’année dernière, l’EPPO comptait 3.602 enquêtes en cours, représentant un préjudice estimé à 67,27 milliards d’euros pour le budget de l’UE et celui des États membres.
Plus des deux tiers du préjudice total (45,01 milliards) sont liés à la fraude à la TVA et aux droits de douane. «Cela révèle au grand jour l’existence d’une industrie criminelle trop longtemps ignorée ou tolérée», selon l’EPPO.














