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L’échec probable du Système de Combat Aérien du Futur (SCAF) ne rassure pas le ministre de la Défense, Theo Francken, sur la future autonomie stratégique de l’Europe. Il témoigne de la nécessité de conserver le lien transatlantique malgré les tensions actuelles, a-t-il expliqué mercredi en commission de la Chambre.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a laissé entendre la semaine passée que son gouvernement pourrait abandonner ce projet d’avion de 6e génération qui associe la France, l’Allemagne et l’Espagne. Les divergences entre les partenaires paraissent insurmontables, tant leurs attentes et leurs besoins sont différents. Sur X, M. Francken l’a affirmé sans détour : le SCAF est mort, la Belgique redéfinira sa position face à ce programme où elle avait le statut d’observatrice.
« On n’y est pas encore »
« Je n’ai pas de problème avec un pilier européen de l’OTAN », a assuré M. Francken, atlantiste déclaré. « Mais quand on parle de la force de frappe européenne, il faut reconnaître que l’on n’y est pas encore. Il y a encore beaucoup de travail. Quand je vois un projet comme le SCAF se crasher, je pense que ce ne sera pas facile. Quand je vois comment les grands pays européens se battent dans des grands projets pour défendre leur industrie, je dois être réaliste. (…) L’OTAN reste la pierre angulaire des années à venir. J’ai beaucoup de raisons de le penser, et l’une d’elles, c’est la faiblesse de l’Europe ».
Le ministre N-VA a minimisé l’effet éventuel d’un arrêt du SCAF pour les finances belges. Le gouvernement précédent avait engagé 68 millions d’euros dans le projet, dont de 10 à 20 millions ont été dépensés. Et ce dans des projets qui préparent l’industrie à un avion de nouvelle génération, qu’il relève du SCAF ou d’un autre programme.
« Dire que ce choix du gouvernement précédent a coûté des millions au contribuable belge, ce n’est pas vrai », a-t-il ajouté.



















