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Au contrôle d’alcoolémie, Marie est sereine : résultat négatif. « Je suis très méticuleuse. Je ne bois jamais quand je conduis parce qu’il y a eu trop d’accidents dans mon entourage et ça fait beaucoup de morts », confie-t-elle. Depuis le 14 février, tout conducteur dont le taux d’alcool dépasse 0,8 gramme par litre de sang se voit retirer son permis de conduire pour quinze jours, immédiatement.
Pour une femme de 60 kilos, cela équivaut à deux ou trois verres d’alcool ; pour un homme de 80 kilos, à trois ou quatre verres. Des règles durcies que la majorité des automobilistes rencontrés jugent positives. « Ça va en freiner beaucoup », estime l’un d’eux. Un jeune conducteur abonde : il dit toujours veiller à désigner un « bob » avant de sortir et ajoute : « J’essaie de ne pas prendre le volant si j’ai bu. La sécurité avant tout. »
Un contrôle multidisciplinaire sur la route
Si l’alcoolémie est vérifiée, la consommation et la détention de stupéfiants le sont également. Les résultats tombent en à peine quelques heures. Lors d’un contrôle, une policière interpelle : « C’est à qui la veste ? », après que son collègue y a découvert du cannabis. Cette opération menée dans la province de Luxembourg était voulue « multidisciplinaire ».
Hugues Josten, responsable de la police de la route dans la province, détaille : « L’âge du téléphone au volant, l’usure des pneus, les véhicules non assurés… L’objectif, ici, c’est de travailler sur toutes les infractions. La conduite sous influence en fait partie. Et à 16 heures, nous avons déjà plusieurs résultats positifs. »
Un risque d’accident multiplié
Trouble de l’attention, manque de concentration, champ visuel réduit, somnolence… conduire sous l’influence de l’alcool ou de la drogue reste l’un des principaux facteurs de mortalité routière.
Belinda Demattia, porte-parole de l’Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR), alerte : « Le risque d’accident augmente déjà de trois à cinq fois avec 0,8 gramme d’alcool par litre de sang. Pour la drogue, il peut être multiplié jusqu’à 30. Mais ce qui est le plus dangereux, c’est de combiner les deux : là, le risque peut grimper jusqu’à 200 fois. »
En 2024, la Belgique a comptabilisé 3 800 accidents corporels impliquant au moins un conducteur sous l’influence de l’alcool, soit dix chaque jour.


















