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Cancers, hémorragies, problèmes digestifs, infectieux ou immunitaires : l'impact des radiations nucléaires, potentiellement dévastateur, est variable et fonction des doses.
Risque de cancer "proportionnel" à la dose reçue
Au Japon des nuages invisibles porteurs d'éléments radioactifs (iode, césium) sont rejetés par la centrale nucléaire endommagée et se déplacent en fonction de la météo et des vents. Pour la population, exposée à une contamination par de tels rejets radioactifs, le principal risque est celui de développer un cancer (leucémie, poumon, colon...) avec "un risque proportionnel à la dose reçue", souligne le Pr. Patrick Gourmelon, directeur de la radioprotection de l'homme à l'Institut français de radioprotection et sûreté nucléaire (IRSN).
Les distributions de pastilles d'iode visent à parer les cancers de la thyroïde, en particulier parmi la population jeune (bébé, enfants, adolescents, femmes enceintes et qui allaitent...). Le but est de saturer la thyroïde afin d'éviter la fixation de l'iode radioactif dans la glande.
Traitement à l'iode: prématuré
Quant au césium 137 inhalé, l'organisme met deux ans environ pour s'en débarrasser, mais il persiste des décennies dans l'environnement. "Actuellement, il n'y a pas de mesure particulière à prendre pour les habitants de Tokyo", a indiqué mardi le Pr. Agnès Buzyn, hématologue-IRSN déconseillant la prise prématurée de pastilles d'iode. "Il y a un impact à la fois environnemental et possiblement pour la santé des personnes avoisinant la centrale", a estimé la spécialiste même si pour l'instant la zone d'évacuation de 20/30 km lui parait "suffisante".
Excès de cancers
Les doses de risque sont calculées et exprimées en sievert (Sv) pour le cancer. L'exposition maximale à la radioactivité artificielle admise pour le grand public est de un millisieverts (mSv) par an. Au delà de 100 mSv, le risque de cancer augmente de 5,5 % par sievert additionnel d'après la Commission internationale de protection radiologique (CIPR). Toutefois les "débits" et le caractère homogène ou non de l'irradiation interviennent dans l'évaluation du risque accidentel. "6O ans après les explosions des bombes atomiques au Japon, il y a toujours un léger excès de cancers parmi les populations irradiées", relève le Pr. Cordoliani. "Le pic des leucémies a été atteint sept ans après Hiroshima", indique-t-il.
Doses faibles: effets mal connus
En cas d'accident, l'irradiation peut atteindre plusieurs sieverts pour les personnes proches du coeur du réacteur. En cas de forte irradiation, les cellules de la moelle osseuse, qui fabriquent les globules rouges et blancs et les plaquettes sanguines, peuvent être détruites et la personne irradiée en mourir. Les cellules du tube digestif sont également particulièrement sensibles aux radiations, selon les spécialistes. Sans traitement, un niveau de 6 Sv d'exposition est mortel, selon les experts.
Les conséquences des doses faibles sont mal connues, elles pourraient notamment être à l'origine de cataractes, un risque surveillé chez les professionnels de santé exposés (cardiologues par exemple).
