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Un chant, la Marseillaise, un homme, Rouget de Lisle : indissociable de son oeuvre, l'auteur de l'hymne national, dont les 250 ans de la naissance seront célébrés le 10 mai, reste omniprésent à Lons-le-Saunier, sa ville natale du Jura.
Sur une place du centre-ville, trône une statue magistrale de Claude Joseph Rouget de Lisle, réalisée en 1882 par Bartholdi, sculpteur de la statue de la Liberté de New-York.
"Rouget de Lisle, c'est l'enfant du pays. On en est fiers", déclare Dominique Brunet, responsable des actions touristiques de Lons-le-Saunier qui a pour habitude de rendre hommage chaque année à l'auteur de la Marseillaise, né il y a 250 ans, le 10 mai 1760.
Une rue et un collège portent son nom, une avenue est baptisée +la Marseillaise+ et la médaille d'honneur de la ville est frappée à son effigie. Les citoyens se sont appropriés le personnage, donnant son nom à un gâteau et à une bière locale.
A l'aube de la déclaration de guerre de la France à l'Autriche (20 avril 1792), le capitaine du génie de la garnison de Strasbourg, Claude Joseph Rouget de Lisle, compose le +Chant de guerre pour l'Armée du Rhin+.
Ce chant de ralliement sera rebaptisé +la Marseillaise+ par les Parisiens qui assistent à l'arrivée du bataillon des Marseillais dans la capitale, chantant à pleins poumons : "Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé...".
De gloire, le militaire n'en tira presque pas. "C'est tout le paradoxe : Rouget de Lisle a composé un titre mondialement connu, qui lui échappe très vite et dont il ne tire aucun bénéfice", raconte M. Brunet.
Dans sa maison natale à Lons-le-Saunier un musée lui est consacré. Son sabre de capitaine, son archer de violon, des portraits et des sculptures le représentant à différents âges, ainsi que certains de ses manuscrits et même une +Marseillaise+ traduite en arabe sont exposés.
Tous les ans, près de 3.000 personnes visitent le Musée Rouget de Lisle, dont beaucoup d'étrangers.
"Mon plus beau souvenir est celui d'une cantatrice, d'un chef d'orchestre et d'une équipe de télévision japonaise venus tourner un reportage sur la Marseillaise. Quand je leur ai ouvert la porte du musée, ils se sont tous les cinq mis à chanter la Marseillaise, en français dans le texte", s'émeut M. Brunet.
"C'est un chant qui dépasse les frontières et symbolise la liberté", ajoute-t-il.
En 1981, la municipalité a fait une offre "déjà conséquente pour acquérir le manuscrit original du +Chant de guerre pour l'armée du Rhin+", sans toutefois pouvoir suivre les enchères emportées par l'auteur d'une toute autre Marseillaise... Serge Gainsbourg.
D'après M. Brunet, "Rouget de Lisle n'est rien sans la Marseillaise, devenue officiellement hymne national le 14 juillet 1879. Pour lui rendre un vrai hommage, il ne faut pas le séparer de son oeuvre".
