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La bactérie mortelle Eceh est "une espèce d’ovni"

Il n'existe toujours aucune piste fiable quant à l'origine de la bactérie Eceh, traquée par les scientifiques. Elle est responsable de la mort de 19 personnes dont 18 en Allemagne, foyer de la contamination. Une épidémie qui remet en cause notre alimentation et son contrôle. L'émission Controverse a abordé ce sujet ce dimanche sur RTL TVi.

L’énigme de la bactérie Eceh n’est toujours pas élucidée. Pour le moment, on ne connaît que son nom. Après plus de deux semaines de traque, son origine et son mode de propagation restent inconnus. En Europe, cette bactérie mortelle a causé la mort de 19 personnes et causé des pertes importantes aux agriculteurs. Cette situation est évidemment source d’inquiétude voire de psychose. Et les mots pour évoquer cette bactérie ne font qu’attiser ces craintes. "Si vous voulez, le grand public, a devant lui un monstre", a indiqué Philippe Thonart, professeur ordinaire en bio-industrie à l’Ulg et à Gembloux Agro-Bio Tech, invité ce dimanche sur le plateau de Controverse. "C’est une espèce d’ovni, une bactérie que l’on avait rencontré qu’une seule fois", a surenchéri Jacques Mahillon, bactériologiste à l’UCL.

Optimisme français 

Heureusement, les scientifiques du monde entier examinent de près cette bactérie, identifiée en premier lieu par des Chinois. Les Français seraient actuellement sur le point d’en savoir un peu plus. "Rapidement, nous aurons la solution je pense parce qu’une équipe en place à l’institut Pasteur à Paris a déjà séquencé une souche similaire à 93%, qui possède les mêmes gènes de virulence et qui provoque les mêmes symptômes. Je suis très optimiste et je me dis que dans un mois, on pourra dire d’où elle provient", s’est rassuré Georges Daube, professeur ordinaire en microbiologie des aliments à la Faculté de Médecine vétérinaire de l'Ulg.

Une perte de plus de 200 millions € tous les 5 jours

Pourtant, le manque de communication autour de cette épidémie est pointé du doigt. Il y a eu plusieurs erreurs de diagnostic, à commencer par le concombre espagnol incriminé puis disculpé. Les pertes pour les agriculteurs sont énormes. Economiquement parlant, il est dès lors déjà peut-être trop tard. "Quand j’ai vu ma collègue espagnole, elle était furieuse car les producteurs perdent plus de 200 millions d’euros tous les 5 jours parce que l’Allemagne a agi avec légèreté", a souligné  Sabine Laruelle, ministre des PME, de l’Agriculture et de la Politique scientifique (MR), avant d’ajouter avoir "demandé avec des collègues, une solidarité européenne".

Les contrôles sanitaires fiables ? 

Les contrôles sanitaires chez les producteurs sont-ils rigoureux ? L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) a dressé son bilan sur le plateau. "Au niveau des contrôles, en production primaire végétale, le bulletin des agriculteurs, aussi bien les bio que les conventionnels, est de 96,8% de résultats positifs",  a assuré Jean-Marie Dochy, directeur général "contrôle" de l’Afsca.  

La Belgique toujours épargnée 

Les résultats ont révélé en effet que les concombres, salades et tomates vendus en Belgique ne présentaient pas de trace de la bactérie. L'Afsca a demandé à la Commission européenne et aux autorités allemandes de rapporter ces résultats dans leur enquête afin de trouver l'origine de l'infection et "de convaincre nos consommateurs, la Fédération de Russie et d'autres pays le cas échéant de la qualité des fruits et légumes en provenance de l'Europe".

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