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Dutroux: un souvenir toujours douloureux 15 ans plus tard

Malgré les années qui passent, l’affaire Dutroux reste ancrée dans les mémoires. Le 13 août 1996, celui qui va devenir "le monstre" et ses acolytes sont arrêtés. La Belgique vit alors une des pages les plus sombres de son histoire. Chaque jour, on découvre les détails sordides de cette affaire. Un souvenir très douloureux pour Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie. Il s'est confié à Emiliano Bongfili et Julien Raway.

C’était il y a 15 ans. L’affaire Dutroux ébranlait la Belgique. Pour Jean-Denis Lejeune, le père de Julie, la douleur ne s’atténue pas, malgré les années. Depuis la disparition de Julie et Mélissa il y a 16 ans, il vit de tout son corps avec cette souffrance. Et le fait de ne pas tout savoir de l’horreur le hante. "On ne sait toujours pas ce qui s’est passé avec les petites", souligne Jean-Denis Lejeune.

Fin du calvaire pour Sabine et Laetitia 

Le 13 août 1996, Marc Dutroux et ses acolytes sont arrêtés. Deux jours plus tard, les enquêteurs libèrent Laetitia et Sabine, mettant fin à leur calvaire. C’est à ce moment que la Belgique découvre le visage de celui qui va devenir "le monstre", l'homme le plus détesté du pays. "C’est d’abord un soulagement pour Sabine et Laetitia. Quand j’y pense,  j’ai la chair de poule. Je les vois encore sortir de cette cage et je me dis quel bonheur pour ces enfants-là. A ce moment, l’espoir est toujours présent que le même scénario va se répéter pour nos filles. Malheureusement, quelques jours plus tard, on a dû déchanter".

Révélations sordides 

Par leurs révélations, Marc Dutroux, en liberté conditionnelle, et ses complices font plonger le pays dans l'horreur. Les détails de cette sordide affaire arrivent au compte-goutte. Michel Lelièvre évoque les enlèvements d'An Marchal et d'Eefje Lambrecks le 22 août 1995 à la côte belge. Dutroux explique quant à lui que Julie et Mélissa sont restées plus de 8 mois dans sa maison de Marcinelle avant d'y mourir de faim pendant sa détention en décembre, janvier et février 1995.    

Un vent glacial dans le dos 

Les parents Lejeune et Russo ne peuvent alors compter que sur leurs propres épaules pour affronter le pire. "A un moment donné, Jean Lesage (ndlr : le gendarme serésien chargé de l’affaire à l’époque) a dit au téléphone : ‘Ah voilà, on a une jambe, mais on ne sait pas à qui elle appartient’. C’est comme un vent glacial qui vient dans le dos", raconte le père, avec un léger trémolo dans la voix. "Je ne sais pas s’il y a vraiment une bonne manière pour apprendre de telles choses, mais ici le ton était encore un peu plus glacial que ce qu’il aurait pu être", estime-t-il.

L'humanitaire comme bouée de secours 

Malgré la douleur énorme qui le tressaille, il existe bien sûr des raisons de vivre encore. Jean-Denis Lejeune s’est investi dans l’aide humanitaire, notamment en Haïti, afin d’y trouver un peu plus d’humanité. "Je me sens bien quand je suis en là-bas en train de réaliser un projet et de voir qu’il y a des sourires à la clef de femmes, d’enfants, d’hommes. Ils sont contents parce qu’ils ont accès à l’eau potable par exemple. C’est le soleil de ma vie maintenant".

Le 22 octobre 1996, les rues de la capitale étaient envahies par une Marche blanche. Plus de 300.000 personnes défilaient à Bruxelles pour rejoindre la cause des parents des victimes de Marc Dutroux et de ses comparses. Aujourd’hui, il reste des souvenirs douloureux et des blessures qui ne cicatriseront jamais.  

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