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Pension à 60 ans possible selon le MR mais jusqu’à 7 ans de travail en plus selon le PS : que contient vraiment la réforme de l’Arizona ?

par RTL info
Ce mercredi soir, les présidents du PS et du MR ont débattu dans l’émission Face à Buxant. Un des thèmes abordés était la réforme des pensions prévue par le gouvernement De Wever. Une réforme analysée de manière diamétralement opposée par Paul Magnette et par Georges-Louis Bouchez.

« Tout le monde va devoir travailler 2, 3, 5, 6, 7 ans en plus et énormément de gens n’y arriveront pas. C‘est très injuste », avance le président du PS. Pour lui, à la place, « il faut une réforme des pensions qui fasse que les gens qui ont commencé plus tôt et qui travaillent dans des conditions plus difficiles puissent partir plus tôt », a expliqué Paul Magnette, ajoutant que le PS avait d’ailleurs proposé sa propre réforme en ce sens à la Chambre.

Mais pour Georges-Louis Bouchez, c’est justement ce que contient la réforme du gouvernement Arizona : « M. Magnette a été exaucé puisqu’aujourd’hui, on a réinstauré la pension à 60 ans. Quelqu’un qui a 42 années de cotisation à 60 ans peut prendre sa pension, ce qui n’existait plus en Belgique », a-t-il répondu. Ensuite, « il est faux de dire que tout le monde va travailler plus longtemps. Les gens qui ont réellement travaillé durant leurs années partiront à la pension encore à 62, 63 ans selon les métiers. Les policiers, les pompiers et tous les métiers qui sont durs physiquement vont partir plus tôt », a assuré le président du MR.

Le malus-pension au centre de cette double grille de lecture

Cette analyse totalement opposée d’une même reforme est en fait principalement due au mécanisme de malus-pension, qui pénalisera les travailleurs à temps partiel. Le projet de loi instaure en effet un système de bonus-malus qui permettra à ceux qui travaillent plus longtemps de toucher une pension plus élevée. «Toute personne qui travaille jusqu’à l’âge légal ne sera jamais impactée par le malus. Au contraire, elle bénéficiera d’une pension légèrement plus élevée. Et ceux qui continuent au-delà de l’âge légal percevront une pension significativement revalorisée», expliquait le ministre des Pensions, Jan Jambon. Le malus s’applique uniquement «aux personnes qui ont travaillé moins de 35 années à mi-temps, et n’ont pas totalisé 7.020 jours de travail sur l’ensemble de leur carrière. Soit la moitié d’une carrière complète de 312 jours par an, l’objectif étant de ne pas pénaliser les femmes qui travaillent à temps partiel», avait-il insisté. Les périodes de chômage temporaire, de maladie, ainsi que les différents congés de soins (congé parental, crédit-temps pour soins, etc.) comptent également comme périodes assimilées, «et n’ont donc aucune incidence négative sur le malus», ajoutait encore le cabinet Jambon.

La réforme prévoit aussi un statu quo pour l’âge légal de la retraite, aujourd’hui fixé à 66 ans (et à 67 ans à partir de 2030). La retraite anticipée restera possible à l’avenir, mais si elle n’est pas précédée d’un nombre suffisant d’années effectivement «travaillées», elle fera l’objet d’une réduction du montant de la pension.

Par ailleurs, la réforme rapproche progressivement les différents régimes : salariés, indépendants et fonctionnaires. «Cette harmonisation est très progressive. Par exemple, le passage pour les fonctionnaires d’une base de calcul sur 10 ans à une base sur 45 ans (comme pour les salariés et indépendants) n’atteindra sa vitesse de croisière qu’à partir de 2062», assure-t-on du côté des autorités.

Le projet de loi s’attarde enfin sur des cas particuliers. Ainsi, l’âge de la pension du personnel roulant de la SNCB - qui peut aujourd’hui partir à 55 ans (après 30 ans de service) ou à 60 ans si la condition de carrière n’est pas remplie - sera relevé progressivement : de maximum +1 an pour les personnes qui pouvaient partir en 2027 jusqu’à maximum +11 ans pour celles qui pouvaient partir en 2038. Même logique pour les militaires qui peuvent actuellement prendre leur retraite à 56 ans. À partir de 2027, la pension sera accessible à 57 ans pour la cohorte 1971, à 58 ans pour 1972 et ainsi de suite jusqu’à 66 ans pour la cohorte 1980. Ils pourront, eux aussi, recourir aux formes de retraite anticipée accessibles à tous, dont la retraite anticipée à 60 ans, si la condition de carrière est remplie.

Pour éviter les effets de règles trop rigides qui priveraient un travailleur d’une année de carrière alors qu’il lui manque une journée, un «pot» de cinq jours sera créé. Le travailleur pourra y puiser pour éviter ce genre de problème, avait encore précisé le vice-Premier ministre des Engagés, Maxime Prévot, au cours de la conférence de presse qui a suivi l’accord.

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