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"Raid Amazones" à Mayotte: inauguration du 101e département français

Les 225 participantes de la 9e édition du "Raid l'Arbre Vert Amazones", pour la plupart venues de métropole, ont inauguré avant l'heure depuis vendredi dernier le 101e département français, Mayotte, qui entrera à part entière dans la communauté nationale en mars prochain.

Ce raid multi-sports-nature, unique au monde par sa singularité exclusivement féminine, a constitué l'évènement de la semaine dans ce morceau de terre française de l'archipel des Comores, (376 km2 à l'entrée du canal du Mozambique dans l'océan Indien et quelque 190.000 habitants), cinq mois avant sa départementalisation.

Mayotte, en 2011, dansera sur un pied d'égalité avec les quatre autres départements d'outre-mer français, la Réunion, la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe.

Les 225 Amazones, âgées de 19 à 54 ans, ont été reçues comme autant d'ambassadrices de la République, en parcourant sans moteur, mais avec de la sueur, à pied, en VTT ou en canoës sur le plus beau lagon du monde, "l'île aux parfums" du Nord au Sud, par ses chemins de traverse, ses plages de sable noir volcanique, à travers une nature luxuriante au mille essences tropicales.

Pour la plupart ce fut une découverte: "rien à voir avec l'île Maurice, La Réunion ou les Seychelles où se rendent la plupart des touristes. Ici, c'est l'Afrique", dit Virginie Senejoux, 35 ans, policière en région parisienne et baptisée +la Présidente+ car elle a couru les neuf éditions du Raid depuis 2001.

"Encore une fois, ce raid est égal à lui-même avant tout par sa convivialité et son esprit de solidarité et de partage. La compétition est là sans être là."

D'évidence, hormis une poignée d'équipes sur les 75 par groupes de 3 qui ont couru cette 9e édition, la majorité des Amazones n'ont pas joué "la gagne", mais privilégié la découverte d'une terre inconnue d'elles, même si les épreuves furent souvent harassantes et d'un haut niveau sportif, dans la température humide d'une trentaine de degrés C.

Elle a fait l'admiration de toutes: Fabienne Pelosse-Sava, 42 ans, éducatrice spécialisée à Lyon est une lutteuse. Elle se bat depuis six ans contre un cancer des os qui l'a privée d'une jambe et d'un poumon.

"Je remonte la pente. Ce raid et les efforts que j'y déploie est emblématique de mon combat. J'ai voulu me montrer que je suis capable de défier d'une autre façon la vie. Je veux aussi donner de l'espoir à toutes celles et ceux qui ont perdu un membre. Nous sommes aussi valides que celles qui courent sur leurs deux jambes. La preuve !"

Comme ses camarades, Fabienne a dévalé, avec sa prothèse, en courant ou sur la selle d'un VTT, les petits sentiers et les pistes de latérite rouge qui courent dans les palmeraies, les bananeraies ou les plantations d'ylang-ylang, cette fleur jaune qui produit par distillation une huile essentielle pour la parfumerie.

Elle a aussi plongé dans le lagon aux multiples espèces de coraux, slalomé entre d'énormes baobabs gris qui aiment le voisinage de l'océan jusqu'à y plonger leurs racines, et rigolé des facéties des petits lémuriens qui ont fait ici et là, de branches en branches, escorte aux Amazones.

Mardi, le dernier trek, partant d'une plage du Sud et montant raide vers le pain de sucre du Mont Choungui (514 m), a été propre à décourager une joggeuse du dimanche: "Ah, qu'est-ce que je suis contente d'être arrivée", lâche à bout de souffle Laurence Theresy, 51 ans, médecin à Colombes (Hauts-de-Seine).

Laurence et ses deux copines courent pour une bonne cause, celle de l'association "Transforme" qui promeut le don d'organes", parrainée par le célèbre chirurgien, le Professeur Cabrol.

"Autant que le plaisir que nous prenons à être Amazones le temps d'une semaine dans ces décors de rêve, serve un petit peu à d'autres", dit-elle.

Toujours le partage et la solidarité qui reviennent sur le devant de la scène sportive pendant ce raid qui devrait se courir l'année prochaine en Guyane, là où il vit le jour en 2001.

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