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Le ministre de la Défense, Steven Vandeput, était l'invité de Martin Buxant sur Bel RTL ce matin à 7h50.
Martin Buxant: L'armée belge ne comptera plus que 25.000 soldats en 2030, contre 32.000 aujourd'hui. Pourquoi avoir décidé de diminuer aussi drastiquement le nombre de soldats?
Steven Vandeput: L'idée centrale du plan stratégique, c'est d'avoir une armée déployable, qui est prête à l'action, pour contribuer aux partenariats internationaux. On doit être prêt au déploiement, mais il faut aussi regarder à ce qu'on doit faire oui ou non.
M. B.: Mais 25.000 soldats, est-ce que c'est franchement assez quand on voit les missions qui sont assignées à l'armée? À l'intérieur contre le terrorisme, mais aussi les missions à l'étranger.
S. V.: Je crois que ça doit être assez. On va se concentrer sur des jeunes. On va rendre notre armée plus jeune, et c'est pourquoi ils vont être beaucoup plus déployables, avec des carrières plus courtes, mais vraiment prêts à l'action.
M. B.: Est-ce qu'il y aura des choses qu'on ne pourra plus faire avec l'armée? Avec si peu de soldats?
S. V.: Ce qu'on ne pourra peut-être plus faire, c'est beaucoup de jobs logistiques qu'on fait aujourd'hui. On pourrait les laisser au secteur privé par exemple.
M. B.: Le patron militaire de l'armée estime qu'il faut 9.000 soldats à la composante terre pour faire du bon boulot. Ce sera le cas?
S. V.: Ce sera le cas environ, oui.
M. B.: Vous avez parlé de rajeunir la moyenne d'âge au sein de l'armée, qui est aujourd'hui de 40 ans. Comment allez-vous faire? Comment on attire des jeunes?
S. V.: Attirer des jeunes n'est pas un problème. Il y a déjà beaucoup de candidats.
M. B.: Beaucoup de candidats? Parce que ce n'est pas pour l'argent qu'on s'engage dans l'armée.
S. V.: Non, mais c'est une mission, c'est un job assez aventurier. Il y a une attraction vis-à-vis des jeunes. C'est très bien. Mais là où on va faire la différence dans le futur, c'est qu'on va leur offrir des carrières à plus court terme. Pour avoir plus de jeunes qui entrent, et qui doivent sortir après huit ans. Mais on va les aider à trouver un autre boulot.
M. B.: C’est-à-dire les aider à retourner à la vie civile?
S. V.: Vers la vie civile, ou vers la police, ou vers des autres professions de sécurité. On verra.
M. B.: Donc davantage de passerelles avec la police?
S. V.: Oui.
