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« Regardez-moi ça, c’est magnifique ! » : Fabian fait une belle découverte en détectant des métaux, il veut rendre l’objet à sa famille

Fabian, passionné de détection de métaux à Mont-sur-Marchienne, a retrouvé une médaille appartenant à un soldat belge de la Première Guerre mondiale. Il cherche aujourd’hui à la restituer à la famille du soldat.

« Regardez-moi ça, c’est magnifique ! » s’exclame Fabian, encore ému en racontant le moment où son détecteur de métaux a sonné, ce jour-là, dans une prairie de Mont-sur-Marchienne. Sous quelques centimètres de terre, une médaille portant le nom d’un certain Jules Hoogstoel. Sur la médaille, les mots « 1914 - Isère, on ne passe pas - 1918 ». « J’ai tout de suite compris que c’était important », explique-t-il. « Si c’était la médaille de mon grand-père, j’aimerais qu’on me la rende. »

Fabian a contacté la rédaction de RTL info via le bouton orange Alertez-Nous pour retrouver les descendants de Jules Hoogstoel et leur offrir la médaille, gratuitement, « par respect ». « Je ne veux pas d’argent. Je veux juste que la médaille retourne à sa famille. »

Un passe-temps qui lui fait du bien

Cette médaille est un des nombreux objets déterrés par Fabian, qui détecte les métaux depuis cinq ans, presque tous les jours. « Si je ne sors pas deux heures pour détecter, je ne vais pas bien », confie-t-il. Après une dépression sévère, cette activité lui a permis de retrouver un équilibre. « Ça m’aide à apaiser mes angoisses. Quand je détecte, je ne pense plus à rien. »

Cette année, il a sorti de terre la bagatelle de… 133 kilos de ferrailles. Une dépollution des prairies qui « arrange » les agriculteurs locaux, assure-t-il. Fabian documente ses trouvailles sur sa page Facebook : monnaies anciennes, boutons militaires, dés à coudre… Il a même créé son propre groupe de discussion pour partager son enthousiasme avec d’autres détecteurs : « On s’entraide, on partage nos découvertes. »

Une passion encadrée

En Wallonie, la détection de métaux est strictement réglementée. Chaque amateur doit posséder un permis délivré par l’AWaP (Agence wallonne du Patrimoine) et déclarer ses trouvailles. « Moi, je suis à 100 % réglo », insiste Fabian. « Je déclare tout. Même mes monnaies en argent, et j’en ai plus d’une dizaine ! »

Certaines de ses découvertes ont même été étudiées par des archéologues. « Une monnaie gauloise que j’ai trouvée en 2025 figure dans le livre archéologique de l’AWaP », raconte-t-il, non sans fierté.

Son matériel, un détecteur haut de gamme XP Deus 2, lui a coûté 1 .600 €, « un investissement pour continuer sans douleur au dos ». À cela s’ajoutent le pinpointer, un petit détecteur de précision, et des accessoires qu’il transporte… en trottinette. « Je n’ai plus de voiture, alors tout tient sur ma trottinette ! »

Une véritable enquête pour retrouver la famille

Depuis sa découverte, Fabian s’est lancé dans une vraie enquête en ligne. Sur des sites d’archives, via Facebook, ou encore via la plateforme MyHeritage, où il a dû renoncer à souscrire faute de moyens. Sur le site du Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire, le nom de Jules Hoogstoel renvoie à un Chasseurs à pied, né en 1886 à Mont-sur-Marchienne.

« J’ai eu un contact qui disait être le petit-enfant du soldat, mais il n’a pas su me donner les bonnes infos », regrette-t-il. « Je préfère être sûr avant de rendre la médaille à quelqu’un. »

De son côté, le War Heritage Institute indique que Jules Hoogstoel a survécu à la guerre. « Aucune fiche le concernant n’a pu être retrouvée à son nom dans les registres dédiés aux soldats tombés au champ d’honneur », constate Steve Maertens, du Service des Sépultures de Guerre de l’institut. Des archives consultables en ligne, via le site War Dead Register.

Ses équipes ont proposé de consulter son dossier militaire et de retracer sa descendance, en collaboration avec la ville de Charleroi. Un long processus.

« C’est difficile, mais je ne lâche pas, » résume Fabian. « Je continue mes recherches, parce que cette médaille, elle doit retourner à la bonne personne. »

Certains nous voient comme des pilleurs (…), moi je fais ça par respect du passé.

Fabian le répète : il ne détecte pas pour l’argent. Il aime l’histoire, la nature et l’exploration. Il a déjà rendu plusieurs objets trouvés, dont une montre à gousset appartenant au grand-père d’un agriculteur local.

« Certains nous voient comme des pilleurs, mais ce n’est pas ça du tout. Moi je fais ça par respect du passé », assure-t-il.

Si la médaille de Jules Hoogstoel finit par retrouver sa famille, ce sera pour lui « la plus belle des récompenses. »

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