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Un Américain de 37 ans, Alex Pretti, infirmier d’un service de réanimation, a été abattu samedi 20 janvier à Minneapolis par des agents fédéraux lors d’une intervention sur la voie publique. Cette nouvelle mort survient moins de trois semaines après celle de Renee Good, également âgée de 37 ans, tuée dans sa voiture le 7 janvier par un agent de l’ICE (la police de l’immigration), dans la même ville.

Le décès d’Alex Pretti intervient dans un contexte déjà tendu. Depuis début janvier, Minneapolis est le théâtre de manifestations contre les opérations de l’ICE, accusée de multiplier les violences sous l’administration Trump. Samedi soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans un parc malgré le froid, pour protester contre ce nouveau drame.
Une intervention filmée
La scène a été partiellement captée dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et authentifiée par les autorités. On y voit plusieurs agents, portant des gilets floqués « Police », tenter de maîtriser un homme au sol, le frapper, puis reculer avant de tirer plusieurs fois sur lui. Au total, selon une analyse du média Bellingcat, « au moins dix coups » ont été tirés, dont « la plupart alors que l’homme était déjà allongé au sol immobile ».
Le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) a rapidement réagi, affirmant qu’Alex Pretti était armé d’un pistolet semi-automatique et avait « violemment résisté », ce qui aurait poussé un agent, « craignant pour sa vie », à faire feu. Une photo de l’arme présumée a été publiée sur les réseaux sociaux. Toutefois, Bellingcat a relevé que l’on voit sur les images « un agent s’éloigner avec une arme ressemblant à celle montrée par le DHS » avant même le premier tir, semant le doute sur le récit officiel.
Un homme sans antécédents
Le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, a déclaré que la victime résidait en ville, possédait un permis légal de port d’arme et n’était pas connue des services de police. Il a décrit « une situation extrêmement imprévisible », expliquant que l’arrivée rapide de manifestants après les tirs avait empêché les forces locales de sécuriser correctement les lieux de l’incident.
Le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, a condamné des « tirs atroces » et appelé à ce que l’enquête soit confiée aux autorités locales. « On ne peut pas se fier à l’État fédéral », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, en dénonçant l’attitude de l’ICE, qu’il accuse de « semer le chaos et la violence ». Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a également demandé à l’administration Trump de mettre fin aux opérations de la police de l’immigration dans sa ville, appelant à « rétablir la paix ».
Alex Pretti était venu pour se livrer à la violence
Du côté fédéral, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a affirmé qu’Alex Pretti était « venu pour se livrer à la violence », et le conseiller de la Maison Blanche Stephen Miller l’a qualifié d’« assassin ». Le président Donald Trump, sur sa plateforme Truth Social, a rejeté toute responsabilité, accusant au contraire les responsables démocrates locaux de « pousser à l’insurrection avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse et arrogante ».
Colère dans la ville
Depuis la mort de Renee Good, devenue un symbole des abus reprochés à l’ICE, Minneapolis vit dans un climat de tension. Les élus démocrates au Congrès ont exprimé leur indignation après la mort d’Alex Pretti, certains allant jusqu’à menacer de bloquer le financement du gouvernement fédéral, qui pourrait connaître une nouvelle paralysie budgétaire à la fin du mois.
Alors que les autorités fédérales campent sur leur version, les appels à une enquête indépendante se multiplient. Et dans les rues glacées de Minneapolis, la colère ne semble pas près de retomber.















