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Les terrains synthétiques sont-ils vraiment dangereux pour la santé ? "C’est le marketing de la peur"

Un professeur de toxicologie est formel: "Pour développer un cancer, il faut absorber ces substances. Il faut qu’elles passent dans le sang". Et on ne voit pas trop comment, sauf exception...

125 clubs sportifs wallons ont opté pour des terrains synthétiques, plus économiques et plus résistants que le bon vieux gazon. Élaborés à base de pneus recyclés, ces terrains sont recouverts de granules pour assurer la bonne tenue de l’herbe factice.

Selon certains experts, ces billes noires sur terrains verts ne nous veulent pas du bien. Elles pourraient causer des cancers. Philippe Maesen est ingénieur-chimiste et chef de service du Bureau environnement et Analyses à l'ULiège Gembloux Agro-Bio Tech. Il était invité sur le plateau de l’émission "C’est pas tous les jours dimanche". Il tire la sonnette d’alarme: "Pour moi, ce type de produits reste un déchet, un vieux pneu usagé (…) On a pu mettre en évidence en fonction des lots, la présence en grande quantité de zinc, plomb mais aussi d’hydrocarbures aromatiques, etc. Est-ce bien raisonnable de trouver ces molécules sur des terrains de sport ?", s’interroge-t-il.

Pour Alfred Bernard, professeur de toxicologie à l’ UCL, on s’alarme pour rien: "Il faut rester sérieux car cela devient surréaliste. Pour développer un cancer, il faut absorber ces substances. Il faut qu’elles passent dans le sang. Si on réfléchit un petit peu, les voies d’absorption sont quand même improbables (…) C’est le marketing de la peur. On amplifie ces risques sans base scientifique. On connait ces substances parfaitement depuis 40 ans. On peut quantifier le risque de cancer en fonction de la dose absorbée. Si les doses absorbées sont 100 fois inférieures à l’alimentation, pourquoi faire paniquer les gens ?"

Laurence Zanchetta, porte-parole du Service Public de Wallonie, abonde dans ce sens: "Les doses relevées sont de 2mg, alors que la norme est de 20mg. Je comprends l’inquiétude des parents, mais pourquoi ne peut-on pas être rassurant en prenant le temps d’analyser au lieu de faire ce fameux marketing de la peur ?" 

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