Accueil Actu Magazine Hi-Tech

Les robots humanoïdes franchissent un cap essentiel au CES de Las Vegas : ils seront dans les usines cette année (mais pas dans votre salon)

Par Mathieu Tamigniau (à Las Vegas)
Au salon high-tech de Las Vegas, la robotique franchit un cap : dopés par l’intelligence artificielle, les humanoïdes et robots domestiques ne sont plus des concepts futuristes, mais des projets concrets pour les usines… et « bientôt » nos maisons.

La robotique est en pleine effervescence depuis que l’intelligence artificielle est devenue LA technologie qui concentre investissements, recherches et développements dans de nombreux secteurs d’activité. Une IA qui lui donne un vrai cerveau, et pas juste un ordinateur qui coordonne des mouvements.

Le CES 2026 marque un changement de phase : les robots ne sont plus des gadgets de salon, mais commencent à ressembler à de vrais produits industriels et, timidement, domestiques, dopés par l’IA dite physique (physical AI, je vous en parlais dans mon article sur Nvidia). L’avenir à court terme, cependant, est très industriel (usines, logistique), avec un impact grand public plus lent, mais réel, dans la maison et les services. ​

Dans les entreprises : enfin du concret

Humanoïdes en vitrine : Hyundai (qui détient la célèbre société Boston Dynamics) a dévoilé Atlas en version « produit », un humanoïde électrique pensé pour les usines, capable de manipuler des pièces, d’apprendre de nouvelles tâches en moins d’une journée grâce à des modèles d’IA avancés, et de se gérer seul (navigation, recharge, etc.). Ce qui est vraiment nouveau, c’est l’industrialisation de ces humanoïdes. Hyundai vise un déploiement d’Atlas dans ses propres sites dès 2026, puis une intégration dans sa grande usine américaine en 2028, avec à terme une production annuelle de l’ordre de dizaines de milliers d’unités si la demande suit.

Une taille proche de celle des humains
Une taille proche de celle des humains - Hyundai

Dans votre salon : pas pour tout de suite

Le géant sud-coréen LG a montré CLOiD, un robot domestique sur base roulante (plus raisonnable que des jambes) avec bras articulés. Sa mission : remplir ou vider une machine à laver LG qui s’ouvrira toute seule à sa demande (évitant une manipulation délicate des poignées), faire la vaisselle (là, je demande des démos car c’est très compliqué) ou servir des plats. C’est donc plus un hub domotique au cœur d’une maison connectée, qu’un humanoïde qui se balade dans votre maison. Cependant, aucune annonce concrète d’une mise en vente, encore moins du prix. Le CES a surtout montré une continuité : les robots de nettoyage, très nombreux dans le salon, sont de plus en plus sophistiqués, et désormais capables de franchir des marches ou obstacles.

Les freins sont clairement identifiés actuellement, tant pour les industries que pour les maisons : coût d’achat élevé, maintenance, cohabitation avec les humains, vie privée (caméras mobiles dans la maison ou les entrepôts) et absence de « killer app » (une fonctionnalité marquante pour le grand public) pour justifier un robot complet plutôt qu’une combinaison d’appareils spécialisés.

LG1.jpg

Et la suite ?

Petit exercice de projection dans le futur. Si la tendance se poursuit, à un horizon 3 – 5 ans, on verra une forte croissance des robots industriels et logistiques, les premiers déploiements d’humanoïdes en usine à échelle significative, l’explosion de la demande en données et en infrastructures IA pour « entraîner » des corps physiques.

Plus loin, à un horizon 5 – 10 ans : si les coûts baissent et la fiabilité progresse, on peut imaginer une arrivée progressive de robots généralistes dans certains foyers aisés ou pour l’assistance (personnes âgées, handicap, sécurité). Cependant, l’adoption de masse serait clairement plus lente que celle des smartphones ou des enceintes connectées.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus

Incendie de Crans-Montana : le patron du bar reconnaît que la porte de service était verrouillée

Dix jours après le drame de Crans-Montana, la télévision suisse révèle que Jacques Moretti, le patron du bar, a reconnu que la porte de service du rez-de-chaussée était verrouillée de l’intérieur la nuit de l’incendie. Il admet aussi avoir remplacé lui-même la mousse du plafond qui s’est enflammé. Ces éléments clés pourraient transformer l’enquête : les prévenus risquent désormais jusqu’à 20 ans de prison.