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Cathy Spigt, gérante d’un hôtel, a sorti sa calculatrice. Pour une chambre, le prix de la nuitée est aujourd’hui de 136 euros. Avec la future hausse de la TVA sur l’hébergement, il sera environ 8 euros plus élevé.
« Quand on regarde par rapport à une entreprise qui réserve ici cinq ou six nuitées pour de longs séjours, il est clair que les collaborateurs vont dormir à plusieurs dans une chambre, ou que l’entreprise va chercher d’autres moyens pour économiser de l’argent. Peut-être pas de petit déjeuner », explique Cathy Spigt, gérante d’un hôtel.
Des marges déjà fragiles
Bientôt contrainte de revoir l’ensemble de ses tarifs, la gérante va sans doute absorber une partie de la hausse du prix, réduisant ainsi sa marge bénéficiaire pour ne pas faire fuir la clientèle.
« On est déjà dans un marché hyper concurrentiel, où chaque jour on doit jouer sur les prix pour maintenir un taux d’occupation qui permette de garder une activité pérenne », confie-t-elle.
Dans les campings aussi, la crainte d’un recul
Inquiet lui aussi, Charles Delperdange, responsable de l’accueil d’un camping, s’interroge : certains vacanciers vont-ils renoncer à leur séjour ? Le prix de la nuitée pour un camping-car, par exemple, passera de 26 à 28 euros.
« Je pense que les gens vont compter leurs nuitées. Au lieu de venir une semaine, ils viendront peut-être seulement trois ou quatre jours », estime-t-il. Et d’ajouter : « Il y avait d’autres priorités à taxer que le peu de plaisir que les gens veulent encore s’offrir. Si les gens n’ont plus les moyens de venir, ça va se répercuter sur nous. »
Conséquences possibles sur l’emploi
Ces inquiétudes sont partagées par le président de la Fédération des campings de Wallonie et administrateur de la Fédération Horeca Wallonie, Frédéric Léonard.
« Le risque, avec la diminution de l’activité, c’est que cela ait une répercussion sur le nombre d’emplois », redoute-t-il. Il reconnaît que cette hausse n’a pas été une surprise : « On savait qu’il y avait des efforts à faire, et on en est tous conscients. Mais encore une fois, bien qu’il y ait une diminution de la TVA sur les boissons non alcoolisées qui peut aider un peu le secteur de la restauration, le tourisme et l’hébergement restent les secteurs chez qui on vient chercher et à qui on vient souvent sonner à la porte. »
Les professionnels impactés réclament désormais des mesures de transition, d’autant qu’ils ont déjà enregistré des réservations pour l’an prochain avec un taux de TVA encore fixé à 6%.
















