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C’est un visage très connu qui franchit à nouveau le seuil du studio, en chaise roulante cette fois, mais avec une étincelle intacte dans le regard. Pour Mike, animateur phare de Radio Contact, revenir sur les lieux où il partageait chaque matin sa bonne humeur n’est pas un pèlerinage douloureux, mais le témoignage d’une vie qui a su se réinventer. « Je vais bien », confie-t-il avec une sérénité désarmante. « Un Mike est mort en 2006 et un autre est né. J’ai la chance d’avoir ma famille, de voir ma fille Ambre grandir. J’ai décidé de vivre. »
L’accident lui a coûté l’usage de ses quatre membres, mais l’animateur fait preuve d’une résilience hors du commun. Pour lui, le handicap est avant tout une question de perception personnelle. S’il ne nie pas l’existence de « jours sans », il refuse de s’y attarder. « Il ne faut rien lâcher, il faut se battre. Ouvrir les yeux chaque jour est une bénédiction », explique l’ancien humoriste.
Ce qui frappe chez Mike, c’est cette volonté farouche de rester « une personne à part entière ». Il ne veut pas qu’on le regarde à travers le prisme de sa pathologie. Pour avancer, il a dû faire le deuil de son autonomie, mais il a conservé son arme la plus précieuse : l’humour.
Je ne suis pas à plaindre
Un trait de caractère qui inspire même les professionnels de la santé. Selon la psychiatre Caroline Depuydt, son parcours est admirable : « La première chose, c’est dire OK, j’ai d’abord des étapes de dépression profonde dans lesquelles je dois m’accrocher et puis pouvoir voir de l’espoir et donc de pouvoir aussi trouver en soi ce qui nous rend à notre humanité. J’ai encore quelque chose à apporter et ça, ça va me porter pour le reste ».
Une empreinte indélébile sur Radio Contact
Même vingt ans après avoir quitté les ondes, le lien avec le public ne s’est jamais rompu. Sur Facebook ou Tiktok, des milliers de personnes continuent de suivre son quotidien. « Les gens sont restés très attachés à moi et je les en remercie. Je n’ai pas envie qu’on me plaigne, je ne suis pas à plaindre. On rit beaucoup autour de moi », sourit-il.
Avant de quitter les bâtiments de l’avenue Georgin, Mike a fait un détour par le studio du Good Morning. Une rencontre symbolique avec les animateurs actuels de l’émission qu’il avait lui-même lancée juste avant son accident. Vingt ans plus tard, si le micro a changé de mains, le programme porte toujours l’empreinte de son créateur : une énergie positive et un rire qui, malgré les épreuves, n’ont jamais rendu l’antenne.















