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Yvan Verougstraete a jeté l’éponge mardi en fin de matinée comme formateur bruxellois, après une réunion de plus d’une heure avec six partis. Il a pointé du doigt Anders, l’ancien Open Vld, qui a refusé de s’asseoir à la table des négociations. « Le ministre du Budget Dirk De Smedt est aujourd’hui très isolé au sein du gouvernement en affaires courantes », a-t-il constaté.
« Face aux nouvelles exigences de l’Open Vld (Anders) et au refus du ministre du Budget de participer aux négociations visant à mettre en place les réformes pourtant indispensables pour relever Bruxelles et la doter d’un budget crédible, Les Engagés actent que les conditions de la réussite de notre initiative ne sont pas présentes. Après 19 mois de rendez-vous manqués, de tabous et de vetos, c’est l’existence même de la Région qui est en péril », notent Les Engagés.
Bruxelles dans une impasse totale
Pour rappel, depuis les élections de juin 2024, la Région de Bruxelles-Capitale est toujours dépourvue d’un gouvernement de plein exercice et fonctionne sous un régime provisoire. Après l’échec des négociations menées par le MR, premier parti issu des urnes, le président des Engagés, Yves Verougstraete, a, à son tour, tenté de former un gouvernement, sans les libéraux. « Après 18 mois, constatant l’impossibilité de réaliser une majorité avec le MR (que ce soit avec le PS ou avec Ecolo-Défi), nous avons pris nos responsabilités et avons exploré la seule piste qui n’avait pas encore été essayée pour sortir Bruxelles de l’ornière et la doter d’un gouvernement de plein exercice », affirment Les Engagés. Pour ce faire, le président Yves Verougstraete a rassemblé autour de lui six autres partis : PS, Ecolo, DéFI, Groen, Vooruit et CD&V.
Problème : cette coalition potentielle ne dispose que d’une majorité très étroite du côté francophone et d’aucune majorité du côté néerlandophone au Parlement bruxellois. Re-problème : entre-temps, le CD&V a fait savoir qu’il refusait de participer au gouvernement, se disant tout au plus disposé à lui apporter un soutien externe. Le président d’Anders, Frédéric De Gucht, a lui aussi exclu toute participation. Depuis des mois, il plaide pour l’intégration de la N-VA, option fermement rejetée par le PS.
Face à l’impasse, Yves Verougstraete a tenté de jouer la carte des négociations budgétaires afin de rapprocher les positions. L’idée consistait à doter d’abord Bruxelles d’un budget, avant de finaliser la constitution d’une majorité politique. Mais ce scénario a lui aussi échoué : ce mardi, le ministre bruxellois des Finances du gouvernement en affaires courantes, Dirk De Smedt (Anders), a renoncé à participer à la réunion prévue avec les autres formations politiques.
Prétexte pour un blocage
Pour Yves Verougstraete, c’est un coup dur et la goutte qui fait déborder le vase : « Après 19 mois et malgré les 2 milliards d’euros de dette que cette crise sans précédent a généré sur la tête des Bruxelloises et Bruxellois, je dois constater que de nouvelles exigences rendent impossible la formation d’une majorité. En effet, maintenant que nous avons trouvé la solution pour pouvoir installer un gouvernement avec une majorité néerlandophone et pour diminuer le déficit de plus d’1 milliard d’euros comme cela était attendu, l’Open Vld (Anders) invoque une nouvelle raison pour ne pas venir s’asseoir à la table des négociations, ne fût-ce que par l’intermédiaire de son ministre du budget : il exige le retour à l’équilibre budgétaire dès 2029 ».
Pour le président des Engagés, l’exigence d’Anders est un prétexte pour provoquer un blocage : « Plutôt que de se cacher derrière des postures qui, bloquant tout, nous mèneront vers un résultat catastrophique, nous proposions à nos partenaires de s’engager sur des réformes bien concrètes, à réaliser à très court terme, afin de prouver que l’on est capable de relancer Bruxelles. Aujourd’hui, l’Open Vld (Anders) et tous ceux qui se focalisent sur les projections de budget 2029, plutôt que de se mettre au travail pour lancer les réformes qui le crédibilisent, font de la politique-politicienne plutôt que de s’occuper de l’avenir des citoyens ».
Les Engagés se disent malgré tout disponibles « pour toute initiative qui permettrait de trouver une solution ».
La Team Fouad Ahidar prête «à prendre ses responsabilités»
«Depuis 600 jours, toutes les combinaisons ont été explorées, tous les scénarios testés, sauf un : celui qui inclut TFA, pourtant démocratiquement représentatif et prêt à assumer ses responsabilités», observe la Team Fouad Ahidar. «Cette mise à l’écart délibérée transforme les négociations en un cirque politique stérile.»
Par voie de communiqué, la TFA dénonce aussi l’attitude d’Anders (ex-Open Vld), «qui continue de bloquer la formation d’un gouvernement bruxellois alors que la Région fait face à une urgence budgétaire et sociale majeure. Quelle est l’utilité de changer de nom si c’est pour garder la même attitude arrogante? « fustige Fouad Ahidar, président de la TFA.
Au Parlement bruxellois, la Team Fouad Ahidar, créée par l’ancien député Vooruit, constitue le deuxième groupe côté néerlandophone avec trois sièges.
















