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« Une précarité inhumaine et inacceptable » : des associations tirent la sonnette d’alarme pour les parents d’enfants handicapés exclus du chômage

Par RTL info avec Belga
Une cinquantaine d’associations appellent à la suspension en urgence de l’exclusion du chômage pour les parents d’enfants en situation de handicap. Elles alertent sur un risque immédiat de précarisation de nombreuses familles dès le 1er mars et jugent insuffisantes, trop lentes ou inadaptées les solutions avancées par le gouvernement.

Une cinquantaine d’associations se sont jointes à une pétition qui réclame la suspension en urgence de l’exclusion du chômage pour les parents d’enfants souffrant d’un handicap. La mise au point d’un statut particulier prendra beaucoup de temps. Or, pour ces parents, le temps est compté, avertissent-elles.

La pétition est lancée à l’initiative de la Ligue des familles, de la Fédération des aidants proches, de la Fondation SUSA et de l’asbl Inclusion. Il y a une semaine, ces associations ont alerté les médias sur les conséquences de la réforme du chômage sur les parents d’enfants handicapés. Certains d’entre eux, pour soigner leur enfant, ne sont plus en mesure de travailler, ou du moins à temps plein. Le 1er mars, quand commencera la deuxième vague d’exclusion, certains perdront leur allocation.

« Cela va jeter quantité de familles dans une précarité aussi inhumaine qu’inacceptable. Beaucoup d’entre elles se verront refuser l’accès au Revenu d’Intégration Sociale (RIS) par leur CPAS, par exemple parce qu’un des deux conjoints travaille. Et celles qui y auront accès subiront pour beaucoup une lourde chute de revenus ainsi que l’accumulation de démarches administratives, dont les parents d’enfants en situation de handicap, déjà épuisés, se seraient bien passés », dénoncent-elles.

Un statut pour les aidants proches jugé insuffisant

Jeudi passé, le ministre de l’Emploi, David Clarinval, a annoncé à la Chambre qu’il soumettrait à ses collègues des pistes de réflexion sur la mise au point d’un statut pour les aidants proches, comme le prévoit l’accord de gouvernement, et s’adresserait également aux Régions. Il a aussi relativisé la situation. « Les chiffres montrent clairement que l’essentiel de l’aidance s’exerce dans le cadre du maintien dans l’emploi », a-t-il déclaré. Il a avancé le nombre de 297 personnes en moyenne mensuelle bénéficiant de la dispense d’aidants proches prévue dans le régime du chômage.

L’analyse est fermement contestée auprès des associations, qui avancent des chiffres plus faibles encore. Selon elles, très peu de parents demandent la dispense. Celle-ci ne vaut que pour quatre ans maximum et donne droit à une allocation journalière très réduite : de l’ordre de 350 euros par mois en moyenne, passant à environ 310 euros après deux ans. « Ce statut existe depuis 2015 mais il a fait un flop. Quand on a un enfant handicapé, ça n’est pas pour quatre ans, et puis l’on a des frais, peut-être un loyer à payer, si en plus on est un parent solo, comment s’en sortir avec une somme pareille ? », a souligné le porte-parole de la Fédération des aidants-proches, Christian Carpentier. « Combien de parents sont dans cette situation ? C’est très difficile à dire ».

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