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Dans l’émission de ce mardi, Benjamin Maréchal a invité Stéphanie Cortisse à réagir à la polémique qui la tourmente depuis quelques jours. « Ça fait de nombreuses heures que j’ai arrêté de lire les commentaires négatifs, mais là, je suis de nouveau sous le choc, j’en tremble », confie-t-elle.
Si Stéphanie Cortisse reconnaît que la fonction politique qu’elle occupe implique de « devoir accepter davantage les critiques qu’un autre citoyen », elle rappelle toutefois avec émotion qu’« avant d’être une femme politique, je suis un humain », déclare-t-elle. « Et ça, j’ai l’impression que beaucoup de personnes l’oublient. Je suis une femme, tout simplement, avec une famille, un compagnon, et donc c’est très dur à vivre aussi pour mes proches. »
Encaisser la critique
La politicienne l’assume, elle n’a pas de problème avec les critiques : « sur les projets politiques, sur tout ce qu’on veut, et j’y réponds tout à fait, du moment qu’il n’y a pas d’injure. En revanche, quand ça va plus loin, c’est-à-dire des injures, mais encore plus loin ici, parce que c’est du jamais vu pour moi en tout cas, on est vraiment dans la calomnie et du sexisme, je me dois alors de condamner le sexisme. »
Il y a quelques jours, l’élue MR avait pris la défense de son chef de part, Georges-Louis Bouchez, une position qui était loin d’avoir fait l’unanimité. S’en était alors suivie une déferlante de commentaires haineux et sexistes, que l’élue MR a immédiatement dénoncée sur ses réseaux sociaux.
Un sexisme qui ne se limite pas aux bords politiques
Au micro de Benjamin Maréchal, elle a notamment fait référence à une autre personnalité politique également harcelée : « Je pense que ce n’est pas propre à un parti, parce qu’on l’a vu, il y a une ministre flamande qui est d’un autre bord politique que moi, qui est aussi incendiée sur les réseaux sociaux, elle tout simplement parce qu’elle doit prendre un congé maladie, parce qu’elle risque de perdre son enfant. Est-ce qu’on se rend compte ? »
Lundi, Stéphanie Cortisse a porté plainte. Une action qui, elle l’espère, permettra de faire bouger les choses : « J’espère que nous allons pouvoir changer la loi, au niveau fédéral, pour que ce soit réellement poursuivi. Ce combat je ne le porte pas uniquement pour ma petite personne. »
Il y a une impunité
Pour elle, les réseaux sociaux n’y sont pas pour rien : « Je trouve que les réseaux sociaux sont devenus une zone de non-droit. Les gens savent que derrière leur écran, il y a une impunité. »
Le régime des délits de presse
Actuellement, si les commentaires de ce type sont considérés comme des infractions pénales, ils sont néanmoins jugés comme des délits de presse, ce qui n’est pas ans conséquence.
« Toute personne qui écrit des commentaires sur les réseaux sociaux ne peut alors être jugée que par une cour d’assises. Or on ne va évidemment pas réunir un jury comme c’est le cas pour un assassin pour ce genre de délit », déplore Stéphanie Cortisse, qui a été avocate pendant 15 ans auparavant. « Ce qui fait que dans les faits, ce n’est jamais poursuivi. Et donc je pense que les gens savent qu’il y a une impunité », continue-t-elle.
L’élue MR affirme sa volonté de pouvoir faire poursuivre ces infractions devant des tribunaux ordinaires, afin de lever le sentiment d’impunité dont bénéficient les auteurs de telles infractions en ligne.















