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Ce matin, devant le cabinet du Premier ministre situé au 16 rue de la Loi à Bruxelles, Amnesty International a mené une action afin de dénoncer l’inaction politique en matière de boycott des produits issus des colonies israéliennes en territoires palestiniens. Cette mobilisation symbolique visait à rappeler la promesse non tenue du gouvernement belge, prise il y a six mois, d’interdire ces produits dans le cadre d’une série de mesures gouvernementales.
Malgré l’accord politique atteint, l’interdiction de la distribution des marchandises provenant des colonies reste de l’ordre du théorique. Amnesty International a donc décidé de mener une initiative marquante pour attirer l’attention sur ce blocage. Les activistes ont brandi des bannières et dessiné des silhouettes à la craie, symbolisant les nombreuses victimes civiles à Gaza, sous les fenêtres du Premier ministre Bart De Wever.
La Belgique trop lente à mettre sa décision en œuvre
Selon la directrice générale d’Amnesty International pour la Belgique francophone, Carine Thibaut, cette interdiction serait à la fois un geste moral et un message politique clair : « Il est essentiel de se dire qu’en interdisant ces produits, on envoie un message très clair en disant que les colonies sont illégales et nous n’allons pas participer au développement de leur économie. » Les produits concernés incluent notamment le vin, les dattes, les olives et divers autres biens agricoles, qui continuent d’apparaître sur le marché belge.
La mise en œuvre concrète de cette mesure attend toujours un arrêté royal, dont la responsabilité incombe au ministre David Clarinval. Selon Amnesty International, ce retard est indéfendable, l’organisation ayant cité l’exemple de l’Espagne qui, dans une situation similaire, a adopté un arrêté royal en seulement quinze jours. « On dit à monsieur le ministre David Clarinval, si l’Espagne est capable de le faire en quinze jours, on ne voit pas au nom de quoi la Belgique ne sait pas le faire en six mois déjà », a souligné l’organisation.
Du côté du gouvernement, ce retard est attribué à des complexités administratives et légales. Les cabinets concernés affirment avoir accompli leur part du travail, mais la procédure reste néanmoins inachevée. L’action orchestrée par Amnesty International s’inscrit dans une dynamique visant à accélérer le processus, tout en mettant la pression sur les décideurs pour respecter leurs engagements envers les droits humains et le droit international.















