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« L’absence de moyens suffisants » : les CPAS accueillent de nombreux demandeurs suite à la réforme du chômage

Par RTL info avec Margaux Glamocic et Roxanne Josse
Depuis le 1er janvier, la première vague d’exclusion du chômage a commencé. Au total, 194 000 personnes seront exclues d’ici juillet 2027, selon centres publics d’action sociale (CPAS), qui s’apprêtent à accueillir les demandeurs.

Dès aujourd’hui, les CPAS s’attendent à voir affluer du monde devant leurs portes, principalement dans les grandes villes du pays. La première vague d’exclusion du chômage mise en place depuis le début de l’année 2026 touche environ 20 000 personnes qui ont donc perdu leurs allocations. La Fédération des CPAS estime que 30 à 40 % de ces personnes se tourneront vers cet organisme pour demander des aides sociales. Cela représente 6 000 à 8 000 d’entre eux.

À Saint-Gilles, un flux de personne assez important était déjà présent ce lundi matin. « Nos équipes se sont préparées à ce flux depuis plusieurs mois. Depuis l’annonce de cette réforme, nous avons mis en place une cellule d’information destinée au public pour qu’il puisse prendre connaissance des conditions de cette réforme chômage. Nous avons aussi organisé des séances d’info à destination des associations, des médecins, des maisons médicales. », explique Myriem Amrani, présidente du CPAS de Saint-Gilles.

Depuis cette réforme et sa mise en application, les gens se posent des questions. « Évidemment, depuis plusieurs mois, on sent que le niveau d’anxiété a augmenté, ne cesse d’augmenter. Les gens s’interrogent, beaucoup sont surpris d’avoir reçu le courrier puisqu’ils ont, de leur point de vue, travaillé. Effectivement, beaucoup de travailleurs intermittents, de travailleurs précaires qui ont très souvent eu des périodes de travail, mais aussi des périodes de chômage. Et donc là, évidemment, beaucoup d’entre eux sont extrêmement anxieux et inquiets. », explique la présidente du CPAS.

Mais la Fédération des CPAS insiste : il ne s’agit ici que de la première vague, et surtout la moins importante. Durant les six prochains mois, 90 000 personnes devraient être encore exclues du chômage. La charge de travail des CPAS devrait donc encore grandir.

Myriem Amrani déplore un manque de moyens. « L’absence de moyens suffisants pour pouvoir accompagner dignement ces publics. Le souci, c’est qu’aujourd’hui, les compensations ne sont que partielles. Dans les faits, à Saint-Gilles, ce sont plus de 2000 personnes qui sont concernées. Et aujourd’hui, ces compensations qui nous sont annoncées ne vont pas permettre de recruter suffisamment ou en tout cas à la hauteur d’un accompagnement digne et correct. »

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