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« Se préparer à l’imprévisible » : pour cet expert en gestion de crise, posséder un kit d’urgence est indispensable

par RTL info avec Christophe Deborsu
Le nouveau directeur général du Centre de crise National, Jack Hamande, était l’invité de Christophe Deborsu dans le 7h50 sur bel RTL. Face aux crises, extraordinaires comme plus ordinaires, il insiste sur l’importance d’être préparé à tout, et notamment grâce à un « kit d’urgence ».

En mars 2025, la Commission européenne avait émis une recommandation expliquant qu’elle souhaiterait que les Belges, ainsi que les habitants des autres pays de l’Union européenne, se munissent d’un kit de survie. À savoir de quoi pouvoir tenir trois jours seul en cas de crise ou de conflit.

Une recommandation confirmée par Jack Hamande, directeur général du Centre de crise National belge. Mais ce dernier est clair : il faut plutôt parler de « kit d’urgence », car le sac de survie laisserait entendre qu’il s’agit uniquement de se préparer à des crises majeures comme une guerre ou un incident nucléaire.

Pour illustrer cette réalité, Jack Hamande confie d’ailleurs une anecdote personnelle : « Je me souviens que, tout petit, ma grand-mère – qui avait naturellement connu la Deuxième Guerre mondiale – avait l’habitude, chaque fois qu’elle entendait un événement qui était un petit peu particulier dans la vie de tous les jours, de stocker des aliments non périssables, comme de la nourriture, de la farine, du chocolat. »

« On a un peu perdu ces habitudes »

Une anecdote qui met surtout en lumière le fait qu’à l’heure actuelle, les Belges anticipent moins les potentielles situations de crise au quotidien : « Aujourd’hui, on a un peu perdu ces habitudes. Le citoyen n’a plus conscience, de manière générale, qu’on peut faire face à des situations inattendues, comme par exemple l’incendie de votre domicile, des inondations, une rupture d’énergie, de gaz », explique-t-il.

Pour Jack Hamande, il y a donc un message essentiel à transmettre : préparez-vous. « Il faut se préparer à des situations imprévisibles, qui ne sont pas spécifiquement extraordinaires, mais qui peuvent entraîner des difficultés dans la vie quotidienne. Et c’est pour ça qu’un kit est important. »

Mais alors, qu’est-ce que ce fameux kit, et que doit-on mettre dedans ? Avant de parler concrètement de l’élaboration du kit pratique, Jack Hamande insiste sur le fait que c’est avant tout une bonne préparation en amont : « Par exemple, s’inscrire sur notre plateforme Be Alert, ou télécharger l’application 112. Et puis alors, télécharger et créer son plan d’urgence personnel, avec tous ses numéros d’urgence, ses contacts importants », explique-t-il.

Constituer un stock alimentaire

Selon lui, la deuxième étape importante dans la constitution de ce kit d’urgence, c’est d’avoir un stock d’aliments adapté « à votre situation familiale, personnelle, et à votre environnement de vie ». Autrement dire, de l’eau potable et des aliments non périssables, pour une durée recommandée de 72 heures.

« Trois jours, c’est un peu la norme que nous discutons au niveau européen. Les États membres sont à peu près d’accord qu’il s’agit d’une durée raisonnable », déclare Jack Hamande.

Quant au contenu matériel du kit d’urgence, qui peut être stocké dans divers sacs à dos, il est conseillé d’y mettre : « Une lampe de poche, éventuellement une radio (sur piles) car c’est essentiel de pouvoir écouter la radio. C’est une manière de pouvoir être informé lorsque, éventuellement, on fait face à des ruptures d’énergie. Si par exemple, le GSM ne fonctionne plus. Ça permet de recevoir des conseils des autorités », commence par énumérer le directeur du Centre de crise.

Et de l’argent en cash ?

« Mais aussi avoir éventuellement des médicaments, si c’est nécessaire. Un kit de soins d’urgence, avec des sparadraps, du désinfectant », ajoute-t-il.

Une question qui revient souvent aussi : est-il nécessaire de prévoir également de l’argent liquide ? « Alors, un petit peu d’argent. Encore une fois, la composition du kit doit être adaptée à la situation des individus et des familles. L’argent peut en faire partie, mais ce n’est pas nécessairement l’essentiel », affirme-t-il.

Mais Jack Hamande insiste : « Pensons d’abord aux besoins primaires. Boire, manger. »

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