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La mission principale du Centre de crise National : anticiper les différentes crises et conflits qui pourraient impacter d’une manière ou d’une autre la Belgique. Dépendant du SPF Intérieur, cet organe travaille donc la gestion de crise, des conflits armés aux attaques informatiques, en passant par la criminalité ou encore les risques de virus ou de météorites.
Et parmi les conflits brûlants qui occupent l’actualité, il y a la possibilité d’une attaque de la Russie contre la Belgique. Mais alors quel rôle joue le centre de crise dans ce contexte ? Qu’est-il chargé de prévoir ou d’anticiper ?
Se concentrer sur ce qui impacte la Belgique
Jack Hamande, le directeur général du centre insiste d’abord sur une chose : « Quand on parle du conflit aux frontières de l’Europe, ce qui est surtout important, c’est de savoir quelles sont les conséquences pour nous. »
Selon lui, « il ne faut pas s’attendre du jour au lendemain à voir des soldats débarquer sur notre territoire. On va plutôt se préoccuper des effets collatéraux de ces conflits. Par exemple, la désinformation. » Cette pratique consistant à « essayer de vous influencer dans vos manières de penser pour éventuellement vous amener à percevoir des choses qui ne sont pas tout à fait réelles par rapport au contexte dans lequel vous vivez » explique cet expert en gestion de crise.
Un concept qui est parfois encore assez abstrait. « Plus concrètement, la désinformation peut consister à divulguer de fausses informations par rapport à un événement ou à des déclarations de personnages publics, voire même la création de faux contenus grâce à l’intelligence artificielle, et donc notre population peut être amenée à croire à celle-ci », illustre donc Jack Hamande.
Cyberattaques, virus et criminalité
Mais selon lui, la Belgique est aussi confrontée à un certain nombre de risques complémentaires. « Par exemple, ce qu’on appelle les attaques DDoS, ces fameuses attaques informatiques sur les infrastructures. On l’a vu ces derniers mois notamment, c’est-à-dire énormément de tensions sur nos systèmes informatiques et donc nos sites web, par exemple, peuvent ne pas être disponibles pendant un certain moment », rappelle-t-il.
Les conflits aux frontières, tel que le conflit entre la Russie et l’Ukraine ne sont toutefois pas les seuls sujets de préoccupations du Centre de crise National. « Chaque matin, l’équipe commence sa journée en se disant ‘tiens, on va parler un peu de criminalité’. Et puis un peu plus tard, des risques de virus, et puis juste après le conflit armé aux frontières », détaille notamment le directeur général du centre.
« Et puis alors bien sûr la réentrée de composants de satellites qui sont une vraie préoccupation » ajoute-t-il. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Le centre travaille sur des plans en cas de météorites qui arrivent dans notre atmosphère et qui risquent potentiellement de s’écraser sur le territoire.
Pas de menace immédiate
Quant au fait de savoir s’il s’agit d’une menace qui inquiète le centre de crise, voici ce qu’en dit Jack Hamande : « Nous ne sommes pas menacés là dans l’immédiat, mais nous avons déjà vécu quelques événements qui nous ont alertés. »
« Récemment, on a été confronté à une grosse partie d’un lanceur de satellite qui est revenue sur la Terre et qui pesait de 4 à 12 tonnes. C’est quand même quelque chose d’important, ne sachant pas exactement où il allait atterrir et comment il allait éventuellement être détruit suite à son entrée dans l’atmosphère », raconte l’expert en gestion de crise.
« Heureusement pour nous, cet événement est derrière nous, mais c’est quelque chose que nous devons regarder avec beaucoup d’attention pour le futur », tient-il tout de même à souligner.















