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La voiture électrique progressivement imposée en Belgique: "On va vers un nouveau facteur de discrimination sociale"

Les alternatives à la voiture thermiques étaient abordées sur le plateau de l'émission C'est pas tous les jours dimanche. Débats sur les voitures électriques.

La voiture électrique se fait une place de plus en plus grande sur nos routes. À partir de 2026, toutes les voitures de société devront être électriques. En Flandre, les particuliers devront acheter un modèle électrique dès 2029.

Aujourd’hui, les voitures électriques ne représentent que 0,9% de parc automobile belge contre 51% pour l’essence et 42% pour le diesel.

"On a déjà décidé qu’à partir de 2035, il n’y a plus de voitures thermiques qui pourront rouler sur le territoire bruxellois. Ça ne va pas se faire en une fois, il y aura des phases de transition en fonction des taux de pollution des moteurs", explique la ministre bruxelloise de la mobilité, Elke Van den Brandt.  

"Il faut que les gens puissent se préparer à ça, c’est pourquoi on l’annonce déjà, maintenant", ajoute la ministre.

"Selon moi, on va vers un grave problème social", explique pour sa part Michel Henrion qui avance que la voiture électrique permet aussi de réduire la pollution sonore, "un argument incontestable". "Les constructeurs de voitures vendent toujours les voitures électriques comme des voitures polyvalentes. Or, ce n’est pas vrai. C’est idéal pour la ville, pour les petits déplacements, mais pour l’autoroute et les petits déplacements, c’est mortel."

La voiture électrique, toujours hors de prix

"On ment sur les autonomies. Avec ma voiture, j’ai une autonomie théorique de 230km, mais en hiver ça tombe à 200km et si je prends l’autoroute, je perds à peu près 40% de ma capacité", détaille le consultant. Michel Henrion en est persuadé : "On va vers un nouveau facteur de discrimination sociale. Jusqu’ici, c’était la puissance de la voiture qui était importante pour les gens. Maintenant, c’est l’autonomie du véhicule. [Faire de grands trajets] ne sera plus réservé qu’à ceux qui peuvent se payer une voiture à 70.000 ou 80.000 euros", assène-t-il.

Actuellement, un véhicule électrique est accessible pour un prix inférieur à 20.000 euros : la Dacia Spring, dont l’autonomie tourne autour des 200 km. "Ça sera la voiture du gilet jaune", single encore Michel Henrion. "Ils pourront faire un aller-retour au travail, ça reste moins cher que le diesel, mais ils ne pourront pas aller en Espagne avec leur voiture."

À l'exception de ce modèle, les voitures électriques restent bien plus chères à l'achat que les voitures thermiques. "Le problème pour la baisse de prix [des voitures électriques], c'est que même avec les voitures thermiques, on ne la connaît pas actuellement", regrette Olivier Duquesne, journaliste pour Le moniteur automobile, qui pointe du doigt la crise ukrainienne et le covid comme responsables. "La baisse de prix, on ne l'aura pas, mais il y a encore une grosse différence de prix et ça risque de persister. Les plus optimistes disent qu'en 2025, on va arriver à un équilibre entre les thermiques et les électriques, mais on risque de devoir attendre encore un peu plus parce qu'on n'avait pas anticipé les soucis [de pénuries]."

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